Depuis quelques temps, je lis avec intérêt, chez nombre de mes blogueurs favoris, des articles qui forment une "chaîne", chacun passant le relais à quelqu'un d'autre et ainsi de suite.

Cette chaîne est particulièrement intéressante, puisqu'elle questionne sur le positionnement politique de chacun. Intéressante, mais pas facile d'y répondre, et pour tout dire j'appréhendais un peu que quelqu'un me "passe le relais", tant il est difficile de répondre avec précision et avec honnêteté à une telle question.

Lomig m'ayant "pointé du doigt", parmi d'autres, je vais donc m'appliquer ici à le faire.

Tout d'abord, et contrairment à beaucoup, je préviens que je ne vais pas "m'intituler", comme le font beaucoup (exemple : "socialiste", "libéral ceci", "libéral cela", "bonapartiste", "royaliste", que sais-je encore ?). Ce n'est pas par coquetterie : je m'en sens tout simplement incapable. J'ai souvent dit, à une époque où je m'intéressais moins à la politique, et où en tous cas j'y avais moins réfléchi, que je n'adhérerais jamais à aucun parti politique en raison du fait que, selon moi à l'époque, aucun parti ne pouvait répondre exactement au positionnement d'un individu donné, et qu'il faudrait autant de partis que de citoyens.

J'ai bien sûr évolué depuis, mais je maintiens que le positionnement politique, pour peu que l'on y réfléchisse suffisamment et qu'on le réalise de manière honnête, est particulièrement complexe et ne peut pas cadrer totalement avec une doctrine quelle qu'elle soit.

J'ai fait en son temps, comme l'ont fait tous les membres LHC d'ailleurs, un petit test qui vise à se positionner sur une carte virtuelle sensée représenter l'évantail des idées politiques possibles. Mon résultat de ce test est édifiant, et me place nettement parmi les "libertariens", c'est à dire parmi "l'aile dure" des libéraux. Ca ne me convient pas réellement, après analyse, et je vais essayer de dire pourquoi.

Certes, je suis pétri d'un idéal de liberté, et opposé dans l'absolu à toute idée de contrainte du pouvoir politique sur l'individu, à tout interventionnisme dudit pouvoir, et à tout ce qui est de nature à déposséder l'individu-citoyen de son libre arbitre et de sa liberté d'agir en tous domaines. En ce sens, et loin de moi l'idée de m'en cacher ou d'en minimiser l'intensité : je suis, foncièrement un libéral.

Cela signifie, comme je viens de le dire, que je dénie au pouvoir politique, c'est à dire à l'Etat, la légitimité de prendre quelque décision que ce soit en désaccord avec le citoyen, que je place les intérêts dudit citoyen, en tant qu'individu, très au-dessus de ceux de la société, en tant que groupe, et que je considère que l'Etat n'a de légitimité que pour garantir aux citoyens le plein exercice de leurs libertés. Cela suppose évidemment de garantir leur sécurité, et donc cela légitime l'usage de la force à cet effet. Je fais ainsi parfaitement mienne la formule selon laquelle "l'Etat est le seul dépositaire de la violence légitime", dans le cadre strict de sa seule mission décrite ci-avant.

Si j'en restais à ce positionnement que je qualifierais de "primaire", je laisserais sur leur faim beaucoup de mes lecteurs, qui sans doute ne comprendraient pas pourquoi le terme de "libertarien" ne me convient pas tout à fait.

C'est que nous ne vivons pas dans un concept virtuel mais dans une réalité tangible. Et dans cette réalité, les positions rêvées ne correspondent pas totalement aux situations vécues. Plusieurs de mes amis libéraux s'en tiennent volontiers à la doctrine que je viens de décrire brièvement. Ce sont eux que l'on appelle les "libertariens".

Quant à moi, esprit scientifique aidant, à chaque fois que je défends une idée, je me pose immédiatement la question de savoir si elle est réalisable dans le concret. Et c'est là que je diffère sensiblement des libéraux idéalistes, et que je me rapproche plus des libéraux "utilitaristes", ceux qui admettent certaines dérogations à leur principes dans un but "utilitaire", c'est à dire pour permettre la mise en oeuvre concrète d'une politique "la plus libérale possible", pour faire court.

Une restriction cependant, et de taille : cette éventuelle concession n'a de sens que temporaire. Il s'agit seulement de prendre le temps nécessaire à la modification des structures de la société, le but à atteindre étant dans tous les cas, à tous les niveaux et sur tous les sujets, une libéralisation complète.

Dernier point que je veux aborder ici : mon positionnement par rapport à l'échiquier politique établi.

Primo, je me refuse à chercher à me déterminer comme "de droite" ou "de gauche" : ça ne veut, à mon sens, strictement rien dire. Personne n'a été capable jusqu'ici de me donner de définitions fiables de ces deux termes. Et quand on me traite d'homme "de droite", comme cela arrive souvent du fait que je combats les idées constructivistes et interventionnistes de partis comme le PS, pour ne citer que lui, ça a le don de me déplaire superbement. Si la "droite" française état libérale, nous aurions sans doute moins de difficultés socio-économiques...

Secundo, s'il est parfaitement évident que les positions des partis d'obédience marxiste ou keynésienne sont le plus souvent à l'opposé des miennes, les partis qu'ils combattent ne répondent pas non plus à mes attentes, loin s'en faut. J'ai mis une certaine confiance dans le Président de la République actuel lorsqu'il n'était que candidat, et que son programme me semblait au minimum aller dans le bon sens. Mais force est de constater que la politique qu'il mène aujourd'hui n'a rien de libéral, et qu'il mérite presque la caricature de "socialiste de droite" que lui collent certains. Quant à ces partis qui se disent "centristes", et qui de fait ne savent pas trop de quel côté ils doivent pencher en fonction de leurs propres intérêts bassement électoralistes du moment, il n'est pas moins évident que je ne m'y reconnais pas plus...

De fait, aucun parti politique crédible sur l'échiquier actuel n'incarne de près ou de loin les idées qui sont les miennes, et nous ne sommes certes pas sur le chemin, dans la conjoncture actuelle qui pousse à tant d'interventionnisme partout dans le monde, de voir les choses changer.

Mon penchant "utilitariste" me conduit cependant à préférer ceux qui prônent la responsabilité et le travail à ceux qui prêchent l'assistanat. Etre libéral, c'est bien sûr se battre pour la liberté de l'individu, mais il n'y a pas de liberté sans responsabilité, et l'irresponsabilisation du citoyen conduit inexorablement à son asservissement, de fait sinon de droit...

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