Ce que je crois...

Mes opinions et mes réactions, pour contrer l'esprit de Panurge ambiant

vendredi 6 février 2009

La voie (ou la voix ?) à suivre...

Le Président s'est donc exprimé hier soir, simultanément sur trois chaînes de télévision, au sujet de sa politique de relance et sous la "pression sociale" ambiante.

Dans ma réponse à un commentaire, j'avais exprimé hier mes craintes quant au contenu de son intervention. Je me sens donc moralement tenu de m'exprimer aujourd'hui à son sujet, même si rédiger un article de fond mériterait une étude plus approfondie mais trop coûteuse en un temps dont je ne dispose malheureusement pas.

Je me bornerai donc à quelques réflexions jetées pêle-mêle sur ce blog. J'imagine que les commentaires ne manqueront pas de me donner l'occasion de m'expliquer plus profondément sur le sujet si nécessaire.

Tout d'abord, je me félicite que son discours n'ait pas été le signe d'un changement de cap coupable que je n'étais pas le seul à redouter. Heureusement, la politique du gouvernement reste globalement orientée dans la bonne direction, celle d'une gestion pas trop calamiteuse (moins qu'elle pourrait l'être en tous cas), d'un investissement résolu dans l'activité, et non de la distributon d'assignats (cet argent qui n'a aucune contrepartie en termes de richesses) que réclament l'opposition et, malheureusement, une partie de l'opinion.

Cependant, et je pense sous la pression des mouvements de rue que l'on a connus très récemment, il nous a fait quelques annonces que je considère quelque peu démagogiques, sans doute dans le but, voué à l'échec, de calmer à la fois les esprits et les ardeurs combattantes de certaines victimes habilement manipulées. C'est le jeu normal, en démocratie, même si les conséquences peuvent être graves, et porter préjudice à ceux-là même sous la pression desquelles des décisions déraisonnables peuvent être prises...

Ainsi en va-t-il par exemple des ces chèque-emploi-services financés par le budget de l'état, ou de cette augmentation annoncée des allocations familiales, mesure pas plus financée que la première. A cause notamment de cette absence de financement, ces deux mesures, pour ne parler que d'elles, seront par nature inopérantes : il faudra bien un jour que quelqu'un les paie, et ce ne pourra évidemment être que les contibuables, et donc ceux qui vont en bénéficier (petitement) sur le court terme. Un coup d'épée dans l'eau dans le meilleur des cas. D'autant qu'elles ne suffiront pas à calmer les mécontents.

Les aides aux "chômeurs partiels", et aux jeunes chômeurs très mal ou pas indemnisés aujourd'hui, sont elles-aussi sujettes à caution. Qui paiera ? Les entreprises ? Dans le contexte actuel, on ne voit pas bien comment. Les contribuables ? Mais alors on en revient à la case départ... Ou les deux ? Car gageons que ces 1,4 milliard d'euros représentés par les intérêts des prêts consentis aux banques ne suffiront évidement pas à tout financer. Et il le sait parfaitement...

Restent des mesures beaucoup plus sensées et qui, elles, vont tout à fait dans le bon sens. A condition bien sûr qu'elles trouvent leur contrepartie dans des économies budgétaies dont il n'a hélas pratiquement pas fait mention..

A commencer par la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui, elle, apporterait un vrai "plus" au pouvoir d'achat de ceux qui sont le plus à même de relancer la consommation, et donc la production (même si la production intérieure n'en sera pas la première bénéficiaire compte tenu de l'importance des produits importés, ou ré-importés à cause des délocalisations)

A continuer par la suppresion de la taxe professionnelle : cet impôt dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est mal conçu et qu'il représente un frein à l'emploi. Il y avait longtemps que beaucoup la réclamaient, cette suppression, et que personne n'osait la faire. Evidemment, les élus locaux hurlent déjà contre cette mesure. Il est absolument certain qu'elle devra être compensée au niveau local pour permettre aux collectivités territoriales de financer leurs investissements, à laquelle cette taxe est aujourd'hui affectée. Mais on est là dans le contexte de la réforme fiscale indispensable qu'il faudra bien mettre en oeuvre, même si elle doit par nature bousculer certaines "rentes de situations" et certains immobilismes institutionnels. Le problème est bien plus vaste que la seule taxe professionnelle. Il concerne toute la gamme des prélèvements et des financements publics, aujourd'hui incroyablement exagérés et trop injustement répartis. Mais ce n'est certes pas dans l'urgence qu'il faut s'y attaquer. Dans cette optique, la suppresion de la taxe professionnelle, si elle n'est qu'un élément du puzzle, est de très bonne augure.

A noter enfin cette idée des "trois tiers", qu'il avait déjà exprimée, au sujet de la répartition des excédents des entreprises (ce qu'on appelle communément "les bénéfices"). Je resterai assez prudent à son sujet. Sur le fond, je suis assez partisan du principe, lequel consiste à "couper en trois" le résultat net : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement, et le dernier tiers pour les salariés. Sous forme de participation, évidemment, c'est à dire hors de toute augmentation de salaire et hors de tout prélèvement social. Sinon, la mesure devient quasiment caduque, le poids des charges annulant en grande partie le bénéfice de l'opération.

C'était la grande idée du général De Gaulle en son temps que de répartir une partie des bénéfices entre les salariés. Cette idée avait été mise en oeuvre, mais de manière très timide et selon moi avec deux défauts.

Primo le fait que cette participation soit bloquée sur une période assez longue et donc ne représente pas du pouvoir d'achat immédiat. Les Français n'ont pas à être incités à l'épargne : nous sommes le pays d'Europe où cette épargne "populaire" est la plus importante en volume.

Secundo le fait que le montant en soit fixé à la discrétion de l'employeur et sans concertation effective. De deux choses l'une : ou bien on considère que le chef d'entreprise est seul maître chez lui et fait ce qu'il entend du résultat financier de ses activités, et alors l'institution même de cette participation salariale est illégitime, ou bien on considère normal que les salariés, qui ont participé, c'est une évidence, aux résulats financiers dont on parle, en perçoivent une part en retour, et il devient alors normal que le montant en soit fixé d'un commun accord avec eux.

Personnellement, je serais assez d'accord, philosophiquement, avec la première proposition. Dans une entreprise, celui qui prend les risques, et celui qui paie de sa poche (sur ses biens personnels) si les choses tournent mal, c'est le propriétaire de l'entreprise, c'est à dire le patron ou l'actionnaire (dans les PME, c'est souvent le même). Il est donc normal a priori que ce soit également lui qui perçoive les bénéfices.

Mais cette position très libérale qui n'étonnera personne de ma part, doit être nuancée. Il faut être pragmatique, et constater qu'à l'évidence une part non négligeable d'employeurs ont une certaine tendance à se comporter sans considération à l'égard de leurs salariés. Je pense que cela tient au fait que les actionnaires sont de moins en moins souvent des entrepreneurs, mais des financiers qui n'ont de regard que sur la rentabilité immédiate de leurs investissements. Je le conçois parfaitement et sans restriction de la part d'un financier. Pas de la part d'un entrepreneur, dont le premier souci devrait être, et était encore il n'y a pas si longtemps dans l'écrasante majorité des cas, la pérennité de son entreprise. Or, cette pérennité passe par l'activité et les efforts des salariés. Ce n'est pas être collectiviste ou même socialisant que de le penser et de le dire. C'est tout simplement voir les choses telles qu'elles sont.

Or, une des conséquences de la manière d'opérer de ces "investisseurs non-entrepreneurs" dont je parle, c'est la non prise en compte des droits légitimes des salariés de l'entreprise. Et je ne parle pas ici des seuls droits issus de la législation, laquelle devrait n'être là que pour contrer les abus.

Le respect de la liberté des entrepeneurs, qui passe par le respect de leur droit de propriété sur leur entreprise, et donc corolairement par le respect de leur liberté d'utilisation des "bénéfices" de celle-ci quand ils existent, est la traduction naturelle et littérale de la philosophie libérale dont je me réclame haut et fort. Mais cette philosophie libérale n'est applicable dans les faits que si elle n'est pas utilisée comme un alibi pour se comporter en rapace et en prédateur. "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", dit l'adage populaire. Eh bien ! Respecter la liberté des autres, c'est aussi respecter la valeur du travail des autres. Et ce n'est pas les considérer comme de la matière jetable (le "matériel humain", m'a dit un jour un DRH !).

Rassurez-vous, je ne suis pas devenu "gauchiste" ! Et je sais bien qu'il faut également prendre en compte les impératifs de la concurrence, et notamment de la concurrence internationale. C'est dans cette optique que je maintiens sans cesse que d'une part les rémunérations ne peuvent et ne doivent être fixées qu'en fonction des possibilités réelles des entreprises, et dans la conjoncture actuelle le moins est de dire qu'elles ne sont pas immenses, et que d'autre part les effectifs doivent être fixés au minimum nécessaire. Tout cela porte un nom : c'est de la bonne gestion. Mais il convient aussi de ne pas aller d'un extrême (sur-effectifs et salaires insupportables charges comprises) à l'autre (sous-effectif notoire et salaires de misère, voir délocalisations injustifiées).

J'en reviens à mes moutons : l'idée de la participation aux bénéfices est de mon point de vue une bonne idée. Que cette participation représente une part de la rémunération est très positif. Que les sommes issues du dispositif participatif soient disponibles immédiatement, et non soumis à cotisations sociales, ni pour le salarié ni pour l'employeur, en ferait un gain de pouvoir d'achat important.

Que la part des résultats affectée à cette participation soit fixée de concert entre employeur et employés m'apparaît indispensable.

Corolairement, que cette part soit fixée par la loi (que ce soit le tiers ou toute autre proportion) représenterait une ingérance inacceptable de l'état dans la gestion des entreprises. C'est pourquoi je pense que Nicolas Sarkozy a tout à fait raison "de mettre cette idée sur la table", parmi d'autres, et de provoquer la concertation entre patronat et syndicats, concertation dont le coup d'envoi sera donné le 18 février prochain si j'ai bien compris. Ce n'est pas à l'état de décider, c'est aux entreprises et aux représentants des salariés de se mettre d'accord.

Il n'y a plus qu'à espérer que les idéologies resteront au vestiaire lors de cette réunion, même si c'est peu probable.

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Posté par renefoulon à 10:50 - 3_Société - Commentaires [11] - Permalien [#]

Commentaires

ok mais

salut,
d'accord sur l côté "rassurant" de son intervention. Je veux écrire un billet qui s'intitule "le meilleur socialiste du monde". Sarkozy est en effet ce qu'on pourrait appeler un socialiste responsable.

Mais, par exemple, sur le coup des 1/3/ 1//3 1/3 je ne suis pas trop d'accord. C'est au propriétaire de décider de la manière dont sera distribué les bénéfices. Remettre cela en cause, c'est remettre en cause en partie le droit de propriété. je n'y suis pas favorable, par principe. Et je ne suis pas sûr que ça n'aura pas, en plus, des effets inverse à celui visé...

à bientôt

Posté par LOmiG, vendredi 6 février 2009 à 13:37

On est bien d'accord...

Bonjour Lomig,

Tu dis la même chose que moi : c'est à l'entreprise de décider, en accord avec ses salariés. Et j'ai bien dit aussi qu'il fallait respecter le droit de propriété. Ce qui ne m'empêche pas de considérer que la participation aux bénéfices est un bon mode de rémunération.

Pour "Sarkozy socialiste de droite", je l'ai déjà dit aussi ailleurs...

A bientôt

Posté par René, vendredi 6 février 2009 à 13:44

Voici mes premières impressions.

Le Roi Sarkozy est nu !
Pour le moins que l'on puisse dire, la prestation télé du Président laisse sur sa faim.
Sans compter que n'ayant proposé que des "pistes", selon ses propres termes, on peut s'interroger sur certaines d'entre elles.

Nous faire croire que les prêts aux banques ne coûteront pas un centime aux contribuables et qu'ils vont même rapporter de l'argent à l'Etat, c'est ne pas dire toute la vérité !
L'argent prêté aux banques, c'est de l'argent emprunté sur les marchés mondiaux au taux de ...HUIT pour cent !!!
Autrement dit, il faudra bien rembourser ces emprunts et leurs intérêts..Il est clair que le milliard et demi annoncé par M. Sarkozy n'y suffira pas, d'autant qu'il prévoit de le dépenser à autre chose qu'au remboursement de cette dette....

Nous ressortir le coup de la taxe professionnelle, c'est plus qu'un peu court puisque M. Sarkozy a fini par concéder qu'il faudra la remplacer par un autre impôt... En plus ça ne "lui" coûte pas cher puisque ce n'est pas l'Etat qui perçoit la taxe professionnelle mais les...communes ! Il veut donc décider à propos d'un argent qui ne lui appartient pas !

Sur la télé, il a été très bon dans sa démonstration....Et les journalistes nuls !
Car en admettant que le Président ne nommera pas "tout seul", les PDG de l'audiovisuel, lorsqu'il décidera SEUL de les révoquer, il n'est pas prévu qu'il demande un "avis conforme" du CSA, ni des Commissions parlementaires...Et aucun journaliste ne lui a parlé de cet aspect des choses.

Quant à sa règle des trois tiers en matière de répartiton des profits des entreprises, c'est une vaste fumisterie.
Il y a à peine quatre millions de petits porteurs d'actions en France. Il y a pas loin de 20 millions de salariés dans les entreprises. Mais chacune de ces catégories se partagera un tiers des bénéfices. C'est équitable ça ????? Quant aux chomeurs, la règle des trois tiers, ils s'en tapent !

Voilà quatre exemples que j'ai voulu mettre en exergue pour démontrer la vacuité des propos tenus hier soir.

J'ai ensuite regardé l'émission d' Yves Calvi sur la 2 puis celle de Frédéric Taddei sur la 3.

Chez Calvi, Edwy Pleinel a été très percutant, avec son ami Domenach et Mme Pierre-Brosolette du Point a assez justement tempéré certaines de leurs critiques. Nicolas Beytout...des Echos".....en revanche....

Chez Taddei, j'ai retenu les propos de Mme Dominique Manotti, romancière, proche, si j'ai bien compris, de ..Rachida Dati. Mme Manotti a trouvé que la "conférence de presse" du Président était "sans supense, ennuyeuse" et les propos tenus "peu crédibles".
L'économiste Pascal Salin s'est déclaré "plus que sceptique".. M. Salin n'est pas un économiste de "gauche", loin s'en faut !

Y a pas à dire, M. Sarkozy connait ses sujets. J'ai fort apprécié qu'il parle sans aucune note.

Mais quand on entend un Président "avouer" que sa "marge de manoeuvre est nulle", on est étonné...Quand c'est M. Sarkozy qui le dit, on est....sidéré !


par Jacques communauté : Libre expression

jf.

Posté par Jacques, vendredi 6 février 2009 à 19:25

Les oripeaux ne font pas le moine.

Bonjour Jacques,

Merci pour votre ommentaire.

Sur les prêts aux banques "qui ne coûte(raie)nt rien" : tout à fait d'accord. Si on utilise les intérêts des prêts à autre chose, les intérêts des emprunts seront une charge.

Sur la taxe professionnelle : oui, il faudra la remplacer par autre chose, à moins que des coupes drastiques dans les dépenses publiques permettent de financer sa disparition. Dépenses publiques locales ou nationales. Les deux sont exorbitantes... Mais en tout état de cause, la disparition de cette taxe archaïque et mal conçue est une très bonne nouvelle pour les entreprises, c'est à dire pour l'emploi.

Sur l'audiovisuel : il s'agit d'un problème tout-à-fait marginal, et la réforme ne change pas grand chose objectivement. Mais votre remarque n'est pas complètement infondée.

Sur les "trois tiers" : que le nombre d'actionnaires soit très inférieur au nombre de salariés ne change rien au fond du problème. Il est tout à fait normal que l'investissement des actionnaires soit rétribué, et à un taux attractif si on ne veut pas qu'ils aillent investir ailleurs... Que les sommes allouées à la répartition ne soient pas supérieures à celles allouées aux dividendes n'est pas du tout scandaleux. Que 1/3 des résultats de l'entreprise soit attribué à la rémunération du capital serait déjà très restrictif, et c'est une des raisons pour lesquelles je suis très réservé sur cette idée, qui ne doit en tout état de cause pas être décidée par l'état, sous forme de loi ou sous toute autre forme, par respect pour le droit de propriété qui est une des bases incontournables de la démocratie.

Si vous considérez que l'intégralité des bénéfices de l'entreprise doive aller aux salariés, vous êtes en train de défendre un modèle collectiviste que plus aucun pays dans le monde ne défend, et c'est fort heureux...

Sur les débats et sur les journalistes : je reprendrai à dessein le titre d'un de mes précédents billets. "Peu me chaut" leurs appréciations et leurs commentaires : je n'ai pas besoin d'eux pour me bâtir ma conviction. Comme à l'accoutumée, chacun interprète les discours et les évènements selon l'opinion qu'il souhaite propager. C'est humain, et tout à fait normal. Mais ça ne fait pas de ces interprétations une bases sérieuse de réflexion.

Sur Pascal Salin : je n'ai pas entendu ses propos, et je le regrette. Mais qu'il se soit déclaré "plus que sceptique" ne m'interloque pas. Je le suis moi-même et je crois que mon billet ne laissait pas percevoir le contraire. Je suppose qu'il a dû en outre émettre de sérieuses réserves quant à l'aspect bien peu libéral des mesures annoncées, ou plus exacterment des "pistes" proposées. C'est en tous cas ce que j'attendrais de lui, et l'opinion qui est la mienne.

Que Nicolas Sarkozy dise (et appelez ça "avouer" si vous voulez) que sa marge de manoeuvre est nulle ne devrait étonner personne. Les marges de manoeuvre de la plupart des dirigeants sont actuellement nulles, en effet, en regard de l'ampleur de la crise, et des déficits budgétaires issus des politiques laxistes des dernières décennies. Ca n'excuserait pas une inaction coupable, même si on peut évidemment discuter de la teneur et de la nature des actions à mener.

Ce que j'ai dit dans mon billet, et que je répète, c'est que les propositions du Chef de l'Etat sont moins calamiteuses qu'on aurait pu redouter (et moi en particulier), en ce sens qu'elles n'obéissent pas seulement aux sirènes de la rue, et à la tentation de distribuer du faux pouvoir d'achat comme elles le réclament à tort et à travers. En outre, le fait de proposer un évantail de mesures et de laisser les "partenaires sociaux" en débattre est à mon sens une bonne posture.

Il reste que Nicolas Sarkozy ne répond pas à mes attentes, comme à celles de nombre de ses électeurs, et se comporte, comme le disent certains non sans un certain bon sens, en "socialiste de droite" sur bien des points, comme le chèque-emploi-service pris en charge par des fonds publics, ou comme l'indemnisation, sans contrepartie en termes de cotisations, des jeunes chômeurs. Ce sont là des dépenses purement démagogiques, qui ne résoudront pas les problèmes de leurs bénéficiaires, mais qui coûteront cependant très cher au contribuable, en pure perte...

En résumé, je ne sais pas si "le Roi est nu", mais le Président, élu sur certaines valeurs, s'habille des oripeaux des tenants de valeurs contraires, que c'est condamnable, et que ce sera sans doute malheureusement inopérant.

A bientôt.

Posté par René, samedi 7 février 2009 à 14:50

Les 3 tiers

"Si vous considérez que l'intégralité des bénéfices de l'entreprise doive aller aux salariés"

Je ne crois (j'en suis même sûr) avoir écrit quelque chose de ce genre....

jf.

Posté par Jacques, samedi 7 février 2009 à 23:01

"...Les idéologies resteront aux vestiaires ?"

Mais il n'y a pas plus idéologue que Nicolas Sarkozy !
Faut-il être aveugle pour ne point le voir !

En réalité, NS a joué la montre. Point barre.

On peut saluer son volontarisme, je suis d'accord, mais on peut aussi ricaner quand il dit qu'il veut moraliser le Capitalisme.
Avec qui ?
Mais bon, n'a-t-il pas dit :
"J'ai le sens du ridicule, vous savez .."

Vous ne relevez pas la pitoyable prestation des journalistes sur le plateau ! Un oubli ?

Vous trouvez apparemment normal que le chef de l'État s'exprime sur trois chaînes de télévision ET une chaîne de radio ! Tiens donc ... En tous les cas, vous ne le remettez pas en question. Sachez qu'à part en Italie, avec Berlusconi, on ne voit ça nulle part ailleurs, je veux dire dans un pays démocratique ..

Vous ne relevez pas non plus le coût avancé par M. Sarkozy, celui de la suppression de la taxe professionnel et démenti depuis (en réalité, ce sera trois fois plus ..).

Pas plus que vous n'évoquez les sophismes de notre Président (son dada de raisonnement) ni cette question hors-sujet : "Seriez-vous candidat à un deuxième mandat ?"

Vous ne relevez pas, enfin, les pertinentes questions de Duhamel, qui remarquait qu'ailleurs (Obama, Brown, Merkel) on ne priviligiait pas QUE l'investissement, mais à des degrés divers, la relance de la consommation.

Sinon, c'est bien écrit et défendu.

Posté par Philippe Sage, dimanche 8 février 2009 à 21:00

Sarkozy idéologue ?????

Sarkozy idéologue ???
Soyez serieux !!!!

Posté par philippe zz, dimanche 8 février 2009 à 21:21

Sous la pression de la rue...

Malheureusement, Nicolas Sarkozy n'est pas assez idéologue, dans le bon sens de ce terme qui n'est pas une insulte dès lors que l'idéologie ne bloque pas le raisonnement.

Il change d'avis comme de veste, qu'il retourne au gré du vent mauvais de la rue. Il a été élu sur des idées et des propositions, et il met en oeuvre aujourd'hui celles de ses adversaires politiques. L'interventionnisme étatique est la gangraine prônée par les socialistes, et il le met en pratique sans vergogne. Je sais bien que la crise que nous traversons nécessite des actions pragmatiques, et je ne fustige pas l'intégralité de celles qui sont les siennes. Mais dire haut et fort que l'on n'agira que sur l'investissement, ce qui est LA posture intelligente et de bonne gestion, puis faire l'inverse dès que quelques moutons de Panurge vont bêler dans les rues, c'est tout simplement se déjuger aux yeux de ses propres électeurs, et c'est indigue...

Alors, ne dites SURTOUT PAS que Nicolas Sarkozy est un idéologue : il est le contraire de ça, à savoir un opportuniste. Ses électeurs, dont je suis, se sentent cocufiés, et ce n'est pas la première fois...

Il y a beaucoup de choses que je n'ai pas relevées au sujet de son intervention télévisée, sans doute parce qu'elles sont selon moi de second ordre, comme la plupart de celles que vous soulevez. Ca ne signifie pas que je sois toujours d'accord. Ca ne signifie pas non plus que je sois forcément d'accord avec vous pour les condamner. Je me suis borné à ce qui était à mes yeux le plus important, voilà tout.

Sur la prestation des journalistes, je l'ai trouvée un peu "a minima", en effet. Mais de toute évidence ils n'étaient là que pour la forme, un questionnement plus pointu ou plus virulent (je suppose que c'était ce que vous en attendiez) n'aurait certainement rien changé sur le fond. Dans un exercice comme celui-là, les journalistes ne sont pas là pour exprimer leurs propres idées, mais pour questionner. C'est ce qu'ils ont fait. Ca ne signifie pas qu'ils l'aient bien fait. Mais encore une fois, ça n'aurait rien changé au final...

Vous soulignez "Les questions pertinentes de Duhamel, qui remarquait qu'ailleurs [...] on ne privilégiait pas que l'investissement". Je ne contredis pas la pertinence des questions de Duhamel, comme à son accoutumée, mais je conteste par contre avec virulence la pertinence des plans de relance par la consommation un peu partout dans le monde. Par expérience, tout le monde devrait être conscient que de tels plans NE MARCHENT PAS. Ils n'ont JAMAIS marché, et j'ai déjà expliqué pourquoi. Relisez-moi. Ou mieux, relisez les économistes, qui le disent bien mieux que moi.

Je sais bien que les socialistes en font, comme toujours, leur cheval de bataille. Ils n'ont toujours pas compris qu'on ne peut pas distribuer des richesses que l'on n'a pas produites, et que si on peut comprendre de s'endetter pour investir, il est irresponsable de s'endetter à fonds perdus. C'est EXACTEMENT ce que je reproche à Nicolas Sarkozy, qui "mange son chapeau" en allant quand même dans ce sens sous la pression des fouteurs de m... de tous poils.

Posté par René, lundi 9 février 2009 à 09:24

A part Berlusconi ????

"Vous trouvez apparemment normal que le chef de l'État s'exprime sur trois chaînes de télévision ET une chaîne de radio ! Tiens donc ... En tous les cas, vous ne le remettez pas en question. Sachez qu'à part en Italie, avec Berlusconi, on ne voit ça nulle part ailleurs, je veux dire dans un pays démocratique .."
nous écrit "Philippe sage" ci-dessus.

Diable, que la mémoire est courte....

Le Démocrate ( bien nommé...) Barak OBAMA, ne s'est-il pas payé, à coup de millions, pendant sa campagne, un programme télévisé de 30 minutes sur la quasi totalité des chaînes américaines ???
Pour ma part, j'avais trouvé cela assez scandaleux, surtout de la part d'un démocrate, pour en faire un billet sur mon bloc-notes.

jf.

Posté par Jacques, lundi 9 février 2009 à 12:02

action gouvernementale (à titre de réflexion sur du concret pour blog éclairé)

Analyse:
Pourquoi Sarko et ses ministres montrent-ils tant d'empressement à intervenir dans l'affaire France Télécom (débat élargi dorénavant au stress en entreprise…) ?
C'est tout simplement parce que leurs plans s’en trouvent perturbés ; parce que cela nuit à la transformation de plusieurs entreprises (de taille), destinées à suivre la même voix : La Poste, SNCF, etc
Or ce qui se passe chez FT est tout le contraire d'une bonne pub !

Souvenons-nous de ce qui s’est passé chez FT :
- séparation des PTT en La Poste et FT ;
- transformation de FT en SA ;
- ouverture du capital, avec une loi garantissant que l’Etat ne serait jamais minoritaire dans le capital et un gouvernement de l’époque – Juppé et consorts – le revendiquant haut et fort (exactement ce qui nous est aujourd’hui servi pour La Poste) ;
- puis, bradages successifs des parts du capital et nouvelle loi cassant la précédente ;
- pour arriver à une participation minoritaire de l’Etat et un objectif systématique de contentement des actionnaires privés et des cours de bourse – à savoir : versement de dividendes pharaoniques, stratégie d’entreprise sous le diktat des analystes financiers et des agences de notation induisant une compression maximale des coûts et, en premier, de la masse salariale…avec le résultat que nous connaissons aujourd’hui).

Voici le simple et unique vecteur de cette soi-disant « croisade morale » : une tentative de couverture totalement hypocrite de restructurations planifiées de très longue date. Il n’y a aucune autre raison.
Pour l’Etat, ce sont des milliards d’Euros de recettes qui sont en jeu par la vente du capital et du patrimoine de chacune de ces entreprises.
L’affichage actuel n’est donc qu’une grosse farce destinée à endormir les medias.

Posté par vbhdb, vendredi 9 octobre 2009 à 23:32

Ce blog est fermé

@ vbhdb

Ce blog est fermé, et vous pouvez le retrouver à l'adresse suivante :

http://politique-liberale.blogspot.com

J'y ai recopié tous les articles, et votre commentaire d'aujourd'hui.

C'est sur ce nouveau blog que je vous ai répondu :

http://politique-liberale.blogspot.com/2009/02/la-voie-ou-la-voix-suivre.html

Posté par René, lundi 12 octobre 2009 à 09:41

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