Ce que je crois...

Mes opinions et mes réactions, pour contrer l'esprit de Panurge ambiant

mercredi 11 mars 2009

Fermeture de ce blog

C'est avec un petit pincement au coeur que je rédige ce dernier billet sur ce blog...

Canalblog m'était apparu à l'origine un bon choix en raison de sa simplicité d'utilisation. Mais simplicité va de paire avec rusticité, et je n'y trouve plus aujourd'hui les fonctionalités auxquelles j'aspire.

Vous me retrouverez donc désormais à l'adresse http://politique-liberale.blogspot.com/

J'y ai transféré l'intégralité des billets. Seuls vos commentaires n'ont pu être retranscrits. Un lien au bas de chaque billet vous permettra cependant de revenir ici pour les consulter.

Pour plus de commodité, je vous demande de bien vouloir déposer vos éventuels nouveaux commentaires sur le nouveau site.

Merci d'avance, et j'espère vous retrouver aussi nombreux à ma nouvelle adresse...

Posté par renefoulon à 18:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]


vendredi 6 mars 2009

Tous fonctionnaires...

La presse et les médias nous ont abreuvé pendant plus d'un mois de commentaires et de reportages, autant dithyrambiques que partiaux pour la plupart, au sujet des évènements que vient de vivre la Guadeloupe, mais à mon avis sans jamais aborder le problème le plus crucial que pose, non pas le mouvement en lui-même, mais la solution qui a été mise en oeuvre.

Et comme la Martinique a emboîté le pas de sa soeur caraïbe, que la Réunion vient d'enclencher son propre mimétisme, et que vraissemblablement les mêmes causes produiront les mêmes effets, c'est à dire que les "solutions de sortie de crise" seront sans doute, dans les deux cas, de la même eau qu'à Basse Terre, le phénomène ne fera qu'empirer.

On a entendu de nombreuses prises de positions, de nombreuses pseudo-explications, dont certaines contradictoires, en fonction notamment du positionnement politique de ceux ou de celles qui réagissaient dans les médias, journalistes ou hommes et femmes politiques.

Pour ma part, n'étant pas un spécialiste de l'économie des DOM-TOM, je me garderai bien de me prononcer sur les motifs profonds qui ont engendré le mouvement de grève et les manifestations de grogne qui ont enflammé ce département français pendant un mois et demi. Je ne me prononcerai évidemment pas plus sur leur bienfondé, et je me contenterai de dire ce qu'ils m'ont inspiré au long cours, au travers de ce que les journaux et la télévision nous ont distillé, c'est à dire au travers du prisme déformant de ces "faiseurs d'actualité" pas plus objectifs dans cette affaire qu'ils ne le sont habituellement, et donc avec toutes les réserves qu'il convient d'y mettre.

Tout d'abord, il m'est apparu évident, dans les reportages que j'ai pu voir, qu'il existe là-bas un problème social qui s'appuie sur deux pôles : un chômage éminemment plus important et un coût de la vie beaucoup plus élevé (de l'ordre de 40 % si j'ai bien compris) qu'en Métropole. Raison d'un "sur-salaire" de 40 % au bénéfice des fonctionnaires métropolitains en poste en Outre-Mer, "prime" qui pourrait bien, du reste, être contre-performante en ce qu'elle serait de nature à maintenir des prix élevés...

Ces deux facteurs seraient, nous dit-on, la base du problème. Je n'en suis pas si sûr : à entendre les vociférations de nombre de manifestants interrogés, il m'est apparu plus évident encore que cet état de fait n'avait servi que de détonateur, et que l'explosion était due essentiellement à la rancoeur des populations autochtones (si l'on peut dire, car issues de l'esclavage) à l'encontre des "Békés", c'est à dire de la classe dominante (économiquement et politiquement si j'ai bien compris) composée essentiellement des descendants des colons.

Cette impression, ressentie à l'écoute de beaucoup de commentaires de la population noire interrogée lors des reportages, vient d'ailleurs recouper ce qui m'a été relaté par plusieurs personnes de mon entourage qui avaient fait là-bas des voyages de villégiature, et qui m'avaient toutes rapporté que les populations noires donnaient le sentiment de n'avoir pas "tourné la page" de l'esclavage, et que leur rancoeur à l'égard de "l'homme blanc", et donc du "Béké" comme du Métropolitain, était demeurée entière. Encore une fois, je ne fais que rapporter des propos entendus, et dire ce que j'ai ressenti devant mon poste de TV. Ce n'est en aucune façon un jugement de valeur.

La question subsidiaire que je me suis posée, et que je me pose toujours à l'heure qu'il est, est de savoir s'il est pertinent de traiter ces territoires français situés à l'autre bout du monde de la même manière que s'ils étaient à quelques encâblures de la capitale. La départementalisation, telle qu'elle a été menée, n'était-elle pas, par nature, le germe des difficultés que connaissent ces îles aujourd'hui ? Ne serait-il pas plus pertinent de prendre pleinement en compte leurs spécificités, et celles de l'économie locale ? Est-il pertinent de ravitailler ces départements-là depuis la Métropole, c'est à dire à 8000 Km de distance, au lieu de le faire depuis le continent américain, situé beaucoup plus près ? Et pourquoi ne pas développer localement la production des biens de consommation chaque fois que c'est possible ? Je pense par exemple aux cultures vivrières. J'insiste sur le fait que ce ne sont là que des questions. Je n'ai pas les réponses. Mais ces questions-là sont en elles-mêmes importantes.

Beaucoup de mes lecteurs vont se demander, à ce stade, pourquoi j'ai "pris la plume" sur un sujet qui ne m'inspire que des questions, quasiment aucune réponse, et même aucune prise de position. J'y arrive.

Ce qui me choque le plus dans cette affaire, ce ne sont pas les troubles, le mouvement de grève, les manifestations (même si des exactions autant impordonnables qu'inutiles ont été commises "des deux côtés"), la manière dont les négociations ont été (mal)menées par le gouvernement comme par le patronat, ni même le ton carrément subversif et guerrier des slogans utilisés par le LKP. Tout ceci est plus que regrettable, et à certains égard condamnable, mais malheureusement habituel, même en Métropole, quand (c'est devenu la règle) un mouvement de revendication syndical ou social se transforme en combat politique.

Non, ce qui me heurte et qui est d'une gravité dont personne ne semble être encore conscient, c'est la nature de la solution qui a été trouvée. Car, mine de rien, il s'agit tout simplement d'un changement de régime. Pour la première fois dans l'histoire de la République Française, l'état se substitue aux entreprises dans le paiement d'une partie du salaire.

Ce n'est pas anodin, et c'est même un cataclysme politique. Quand j'ai entendu la revendication, je me suis dit, naïvement confiant, que nos dirigeants n'allaient certainement pas être suffisamment fous pour aller dans cette direction, et qu'ils allaient refuser tout net. Au lieu de ça, Yves Jego accepte, puis rappelé et désavoué par François Fillion, fait marche arrière, avant que, quelques nuits d'émeutes plus tard, le même François Fillion ne "mange son chapeau" et n'accepte, partiellement certes, mais accepte quand même les "exigences" des insurgés.

La valse-hésitation, en elle-même, n'a plus rien de choquant. On a maintenant l'habitude de voir nos fanfarons de Matignon ou de l'Elysée dire tout et faire le contraire de tout. Mais ce qui l'est, choquant, c'est la nature de l'accord conclu.

Car, de quoi s'agit-il exactement ? Les Guadeloupéens demandaient, depuis l'origine des troubles, un rattrapage de 200 € des "bas salaires" (1,6 fois le Smic quand même !), au motif de la chèreté de la vie locale. Jusque là, rien de choquant avant analyse : il s'agissait d'une revendication comme on en a entendu des centaines, justifiées ou non, peu importe sur le fond.

Mais le Medef local se refusant catégoriquement à cette augmentation des salaires, les émeutiers se sont mis à "exiger" que l'Etat Français paie ce que les entreprises ne voulaient pas payer. C'est cette "exigence" que Jego a eu l'imprudence d'accepter à demi-mot, avec le désaveu de Fillion suivi de, finalement, l'acception de ce dernier. Les 200 € en question seront versés, à raison de 100 € par l'état, à raison de 50 € par les collectivités locales (ce qui fait donc 150 € par mois sur des fonds publics), et seulement à raison des 50 € restants par les entreprises. Encore que toutes n'ont pas accepté cet accord. On peut donc craindre que les choses n'empirent encore...

On ne peut pas imaginer un instant que Matignon ait donné son feu vert sans l'accord de l'Elysée, et c'est donc in fine Nicolas Sarkozy, ce Président qu'on nous présente comme un libéral forcené, qui a fait basculer la République dans un gouffre collectiviste que je prévois sans fond.

Car n'en doutons pas, la Martinique et la Réunion suivront la Guadeloupe et exigeront le même traitement. Et, demain, pourquoi pas la Bretagne ou le Pas de Calais, où le taux de chômage et supérieur à la moyenne nationale, et pourquoi pas l'Ile de France où les prix sont plus élevés qu'ailleurs ? Et pourquoi se limiter à 200 € ? Et pourquoi se limiter à 1,4 fois le Smic (c'est finalement sur cette base que l'accord est intervenu en Guadeloupe) ? Il est bien évident que cette somme apparaîtra rapidement comme insuffisante, voire ridicule, aux yeux de tous ceux qui ont des fins de mois difficiles, y compris quand c'est à cause de leur propre mode vie ? Où s'arrêter, quand la machine est en route et quand le sentiment est cultivé qu'il suffit de descendre dans la rue pour obtenir quelque chose ?...

Après le déficit incontrôlé de la Sécurité Sociale; après le déficit pas plus contrôlé du budget de l'état; après le droit opposable au logement; après les subventions pharaoniques accordées aux secteurs en difficulté; après autant de postures propres à conforter le sentiment que l'état peut tout financer, et que les finances publiques sont inépuisables; une fois installées les habitudes du recours systématique à ces finances publiques pour boucher les "trous" de mauvaise gestion, que ce soit dans les entreprises, dans les administrations, ou pire encore chez les particuliers (voir pour s'en convaincre les statistiques du RMI et de l'assurance chômage. Voir surtout leurs durées moyennes d'indemnisation); après toute cette gabegie institutionnalisée, gageons que nous baignerons rapidement dans un système où l'état ne cessera de subvenir aux besoins les plus divers et variés, en donnant d'une main ce que, bien entendu, il sera bien obligé de reprendre de l'autre. Et où l'état sera donc, de facto, celui qui décidera à qui donner, et combien donner.

Ce système porte un nom : cela s'appelle le collectivisme. De l'Union Soviétique à ses pays "satellites", de Cuba à la Corée du Nord, et à la Chine avant qu'elle ne prenne un virage salutaire qu'elle n'a pas encore terminé de négocier, on sait tous pourtant que ce système ne conduit qu'à la misère, et accessoirement à la dictature.

Bien sûr on n'en est pas encore là. Bien sûr je vais me faire traiter de tous les noms en évoquant ce spectre. Bien sûr ce n'est pas dans les intentions de nos dirigeants. Bien sûr on n'a fait que mettre une première phalange dans l'engrenage...

Mais cette phalange-là y est bel et bien, et le risque est énorme sur le plan politique. Il ne l'est pas moins sur le plan des mentalités. Car elles sont hautement maléables, surtout dans le sens du moindre effort. Et l'expérience a prouvé à maintes reprises qu'il était difficile, voire souvent impossible, de revenir en arrière. Le candidat Sarkozy avait dénoncé la "culture du RMI" et avait prôné la "valeur travail". Le président qu'il est devenu institutionalise aujourd'hui la culture de l'assistanat et dénie les valeurs telles que l'indépendance et la liberté inhérentes à la propriété privée, notamment celle des entreprises. Quelle sera la marge de manoeuvre d'une entreprise privée dans laquelle l'état prendra en charge une part non négligeable de la masse salariale ? Quelle sera sa liberté de gestion ? Quelle pourra être sa politique en matière d'emploi ?

Nous sommes tous, depuis longtemps, des employeurs indirects compte tenu de la masse salariale de la fonction publique, que nous finançons par nos impôts.

Demain, nous serons tous à moitié fonctionnaires. Et combien de temps encore pourra-t-on dire "à moitié" ?

CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC
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Posté par renefoulon à 16:22 - 6_Actualité - Commentaires [14] - Permalien [#]

lundi 2 mars 2009

Heureux anniversaire

Une fois n'est pas coutume : je vais aujourd'hui écrire un billet pour dire que je suis content ! Ca en étonnera peut-être certains, qui ont plus l'habitude de lire sous ma plume des "coups de gueule"...

Mais j'ai un anniversaire à fêter, et un anniversaire heureux : celui du réseau LHC !

Il y a un an, en effet, que Roman Bernard, de Criticus, a créé avec Lomig, de Expression Libre, un nouveau réseau de blogueurs. Je connaissais l'existence de plusieurs de ces réseaux, et je n'avais alors adhéré à aucun. Pourquoi ?

Essentiellement parce que je suis un individualiste convaincu, les habitués de "Ce que je crois" le savent bien. Même si je sais que "l'Union fait la Force", je sais également que la fusion crée le flou, et que se mélanger avec d'autres, de si bonne qualité soient-ils, est susceptible de créer un "écran de fumée" qui masque les détails de sa propre personnalité. Si j'avais adhéré, par exemple, aux Kiwis, j'étais vu immédiatement, de facto, comme un Kiwi, et beaucoup moins comme moi-même, avec mes spécificités propres.

Alors, quand Roman m'a contacté, dans les toutes premières heures de son nouveau réseau, pour me demander d'y adhérer, ma première réaction fut de dire "non". Et puis je suis allé lire la charte LHC, j'ai relu sous ce nouveau jour plusieurs articles de "Criticus" et plusieurs autres de "Expression libre", j'ai lu également la lettre d'intention de Lomig (Roman n'avait pas encore publié la sienne), et j'ai eu l'impression de découvrir quelque chose de nouveau.

Visiblement, LHC naissait, non pas comme un Nième cercle nombriliste et uniquement destiné à faire la promotion de ses membres, mais prenait le contrepied, justement, de ces deux défauts, défauts que je reprochais aux réseaux existants.

Les trois valeurs de base que défend la Charte LHC sont, de plus, trois valeurs pour moi fondamentales : liberté d'expression, humanisme et esprit critique devraient être, de mon point de vue, les trois pilliers qui devraient soutenir la ligne éditoriale de tout blog digne de ce nom. Malheureusement, trop de blogueurs se passent allègrement de l'une ou de l'autre, voire des trois à la fois. Afficher clairement le parti pris de les respecter me semblait une posture très séduisante.

Et puis l'offre qui m'était faite était flatteuse, et je reconnais bien volontiers que ça a joué dans ma décision. C'est donc finalement avec enthousiasme que j'ai donné mon accord.

Quelques jours seulement plus tard, j'ai reçu un nouveau courriel du même Roman, qui me proposait d'entrer au "comité directeur" du réseau. Et là, j'ai su que quelque chose d'important venait de se produire pour moi. C'est sans hésiter, cette fois, que j'ai accepté l'honneur qui m'était fait. Car je me sens plus naturellement "acteur" que "spectateur", et assumer des responsabilités au sein du réseau était pour moi une perspective heureuse.

Un an plus tard, quel est le bilan ?

Sur le plan personnel, je n'ai jamais eu la moindre raison de regretter ma décision. Je regarde très peu les statistiques de mon blog. Je ne sais pas trop si mon "audience" a augmenté, et encore moins si son éventuelle progression est due à mon appartenance à LHC.

Ce que je sais, par contre, quand j'écris un billet, c'est qu'il aura toutes les chances d'être lu par des gens qui ont toute ma sympathie d'une part, et d'autre part par des gens qui ne partagent pas forcément mes idées (c'est peut-être pour leur "parler", plus qu'à ceux qui pensent comme moi, que j'écris) mais qui viendront quand même me lire, encouragés en celà par la qualité des blogs LHC.

Et sur le plan du réseau lui-même, le mot qui me vient naturellement à l'idée est celui de succès. Pas seulement par le nombre de ses membres (nous sommes 30 aujourd'hui), pas seulement sur le plan de l'audience, grandissante, mais aussi et peut-être surtout sur le plan de la qualité des contenus et celle des relations entre les membres.

Trop éloigné géographiquement de la capitale pour participer aux rencontres LHC parisiennes, je n'en ressens pas moins la chaleur et l'enthousiasme des relations qui se nouent, et que j'ai le sentiment de partager à distance.

Politiquement, une majorité d'entre nous sont des libéraux, mais nous comptons aussi nombre de non-libéraux, et c'est ainsi que notre réseau se rit du traditionnel et imbécile clivage gauche-droite, et que le réseau est un espace de discussion et de débats tout à fait enrichissants.

Pour résumer, j'ai tout simplement envie de prononcer le mot de réussite. Sans oublier ceux du plaisir d'en être et du bonheur d'y participer.

Vous trouverez une évocation de cet heureux anniversaire sur le portail du réseau.

À lire aussi, les articles de Criticus, d'Aymeric Pontier, de Libertas, de Lolik, et de Lomig.

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Posté par renefoulon à 09:25 - 6_Actualité - Commentaires [3] - Permalien [#]
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