mardi 24 février 2009
Comment partager le gâteau ?
Dans un récent billet, j'ai annoncé que j'allais écrire un billet sur le sujet du partage des richesses. Je vous livre aujourd'hui le résultat de ma réflexion.
Tout d'abord, une évidence : le revenu du capital n'est pas indu. Investir son argent dans une entreprise, c'est par définition prendre un risque (celui de le perdre, rien que çà), et il est tout à fait naturel que ce risque soit rémunéré. C'est la raison d'être de ces dividendes d'actionnaires, tant décriés ces temps-ci où l'anticapitalisme primaire est de mise, sans aucun raisonnement cohérent d'ailleurs. Besancenot a un boulevard devant lui. C'est un véritable désastre intellectuel.
Ensuite, il faut avoir une idée bien claire de ce qu'est la valeur ajoutée et de la manière dont elle peut être répartie.
La valeur ajoutée est, schématiquement, la différence entre le prix de revient (achats de matières premières et coûts de fonctionnement) et le prix de vente (le chiffre d'affaires).
Dans le fonctionnement d'une entreprise, il y a trois types d'intervenants :
- le propriétaire (les actionnaires dans les grandes entreprises) qui apporte son propre capital
- les prêteurs (banquiers ou autres) qui apportent les fonds nécessaires à l'activité
- les salariés qui apportent leur travail
Parmi ces trois catégories, deux sont rémunérées forfaitairement par contrat : les intérêts d'emprunt vont aux prêteurs, et les salaires vont aux salariés. Dans les deux cas, il n'y a aucun risque encouru, et la rémunération est certaine quelle que soit la santé de l'entreprise. Au risque près de la faillite, dans laquelle tout le monde est perdant...
Le propriétaire, par contre, se rémunère (sous forme de dividende quand il est actionnaire) sur les profits, c'est à dire sur ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des deux autres catégories et des impôts et taxes. Ce qui signifie mathématiquement qu'il n'a de rémunération que s'il reste quelque chose... En outre, n'oublions pas les aléas boursiers. Les valeurs boursières, c'est à dire la valeur des capitaux investis en bourse, ont "fondu" de moitié en quelques mois ! D'accord, ça ne marche pas toujours dans ce sens-là ! Mais un salarié accepterait-il quelque chose de similaire ? Dans le bon sens, sans doute, mais dans l'autre, certainement pas !
Pour en revenir au schéma que j'ai brossé plus haut, il y manque un élément important, vital pour la pérénité de l'entreprise, à savoir les investissements. Car si l'on veut que l'entreprise perdure, non seulement il faut des clients qui achètent les produits, non seulement il faut des salariés qui fabriquent ces produits, non seulement il faut des banquiers qui financent les achats, mais encore faut-il que l'outil de travail soit maintenu en bon état, et qu'il évolue en fonction des techniques, des attentes de la clientèle, et de ce qui est proposé par la concurrence, tant en termes de qualité qu'en termes de coûts, c'est à dire de prix de vente.
Le schéma ci-dessus indique clairement que le seul poste sur lequel l'investissement peut être financé, ce sont les profits. Ce qui revient à dire que son financement vient en déduction du dividende de l'actionnaire.
Certains diront qu'il manque également, dans ce schéma, les organismes sociaux, dont les cotisations dites "patronales" sont un poste important de dépenses pour l'entreprise. C'est à dessein que je n'en ai pas parlé. Dans mon esprit, ces charges sociales patronales font partie intégrante du salaire. Le vrai montant du salaire est constitué par le salaire brut augmenté de ces charges soi-disant "patronales". Et la présentation absurde de la feuille de paie n'a pour conséquence que d'occulter aux yeux du salarié le coût réel de son poste, et de lui faire perdre de vue le montant de sa véritable rémunération. Les charges, si elles n'existaient pas, seraient autant de salaire qu'il pourrait gagner en plus. Mais combien en sont conscients ?...
Comme on le voit, le profit de ne se partage pas : il est réparti par avance et contractuellement entre les acteurs de l'entreprise. Et quand notre Président de la République, l'autre jour, avance son idée de partage des profits selon sa règle des "trois tiers", il s'agit d'une hérésie économique qui ne résiste pas à la plus élémentaire analyse...
Pourtant, j'ai dit et je maintiens que l'idée n'est pas idiote. Où est l'erreur ?
C'est que l'interprétation qui en est faite, de cette idée, est largement fausse. Il a parlé des profits, pas de la valeur ajoutée ! Il s'agirait donc, selon lui, de répartir en trois parts ce qui reste de la valeur ajoutée après paiement des salaires (et donc des charges, je n'y reviens pas) et des coûts de fonctionnement (intérêts d'emprunts et autres).
Et j'ai dit que l'idée était bonne. Pas que le calcul était exact. Et encore moins que la mesure était juste. La répartition qui existe aujourd'hui de ce "gâteau résiduel" est très largement en faveur des salariés. Je vous invite pour vous en convaincre à relire cet article du Monde qui l'explique fort bien.
Selon cette étude, et en moyenne sur l'ensemble des entreprises françaises, les salariés reçoivent 61 %, les investissements 32 % et les actionnaires 7 %.
En outre, il paraîtrait totalement anormal, et pour tout dire parfaitement inacceptable, que cette répartaition soit fixée autoritairement par la loi. Une entreprise est la propriété privée de ses actionnaires. Le respect du droit de propriété suppose la liberté de gestion et une telle disposition serait à mon sens tout simplement anticonstitutionnelle en ce qu'elle irait à l'encontre de l'exercice de ce droit. Les juristes me reprendront peut-être...
Par contre, l'idée selon laquelle la rémunération des salariés pourrait tenir compte des résultats de l'entreprise me parait, elle, une très bonne idée.
Les résultats de l'entreprise, bons ou mauvais, sont la conséquence des efforts de tous : les actionnaires qui engagent leurs capitaux, les dirigeants qui prennent les décisions stratégiques, les cadres et agents de maîtrise qui gèrent au mieux leurs départements respectifs, les techniciens qui font les efforts nécessaires pour que le travail rendu soit de qualité, les "cols blancs" qui gèrent les contingences administratives, etc...
Non seulement il me paraîtrait normal que chacun, à son niveau, profite du résultat de ses efforts, mais encore une telle forme de rémunération ne pourrait être qu'une motivation efficace pour la bonne marche de l'entreprise, c'est à dire pour ses performances, et donc pour ses résultats commerciaux, et donc pour l'emploi. Tout est lié.
Cette idée n'est pas neuve. Elle s'appelle la participation, et elle existe déjà dans un certain nombre de secteurs.
Mais cette participation, une idée du Général De Gaulle en son temps, reste une part très marginale de la rémunération là où elle existe, et a besoin d'un "coup de jeune". Pourquoi ne pas imaginer d'incorporer purement et simplement dans le salaire lui-même une part des résultats ? Pourquoi ne pas moduler le salaire en fonction de ces mêmes résultats ? Il faudrait alors partager, non pas les seuls profits, mais la valeur ajoutée elle-même, selon un plan de répartition à définir entreprise par entreprises et par un accord interne, entre salariés, investissements et actionnaires.
Le salaire fixe, non lié aux résultats, serait inférieur à ce qu'il est aujourd'hui, mais ces accords de participation "nouvelle formule" viendraient s'y ajouter, soumis évidemment au même traitement que le salaire de base en terme de cotisations, pour au final former un revenu plus conforme à la logique. Il en résulterait sans aucun doute une meilleure implication des salariés dans la bonne marche de leur entreprise, et une diminution radicale de cette impression qu'ils ont souvent d'être "exploités", en regard de la rémunération du capital.
Il ne s'agit là que d'une idée brute, à étudier et à débattre. Mais je suis convaincu que c'est la voie vers une meilleure compréhension du capitalisme par ceux qui aujourd'hui on tendance à s'y opposer, le plus souvent par ignorance et par manque d'implication.
Le capitalisme entrepreunarial est le meilleur garant du progrès social comme du progès technique. Encore faut-il qu'il soit compris par tous ses acteurs, et que chacun y trouve sa place sans avoir le sentiment d'en être victime.
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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mardi 10 février 2009
Voile, bourka, culture et communautarisme
Un article fort intéressant paru chez Criticus a vivement attiré mon attention, au sujet de la décision du Conseil d'État de ne pas accorder la nationalité française à une Marocaine au motif qu'elle portait une bourka, et plus généralement à la polémique récurrente au sujet du port du voile par les femmes musulmanes, polémique qui avait rebondi chez Mathieu L.
Je me préparais à déposer un commentaire, qui eût commencé par ces mots : "Juste un mot en passant". Je n'avais pas l'intention, en effet, d'argumenter dans le détail, le sujet étant extrêmement polémique, et les positions des "pour" et des "contre" si ancrés sur le sujet qu'elles apparaissent souvent indéracinables. Malheureusement !
Ce "mot en passant" comportait déjà quatre paragraphes quand j'ai donc finalement décidé d'en faire ici un billet.
L'article de Criticus est très modéré, et je ne sais pas si je le serais autant que lui au prime abord. Par pragmatisme, car il a raison de dire qu'une interdiction totale du voile est impossible à faire respecter (bien que ce mot "impossible" ne soit pas français, dixit Bonaparte), par pragmatisme, donc, sa proposition de se borner à interdire que le visage soit dissimulé en public (ce qui de facto autorise le voile islamique, mais pas la bourka) est de bon sens. Elle met cependant un doigt dans l'engrenage du laxisme culturel, et le moins que j'en pense est que c'est tout à fait dommageable...
Peu importent les grandes théories ou les anathèmes, le fond du poblème est le RESPECT de notre CULTURE par TOUS les nouveaux arrivants, et la NECESSITE ABSOLUE d'exiger ce respect, y compris évidemment par la LOI.
Si, demain, lors d'un voyage touristique en Arabie Saoudite, ma femme ou ma fille décide de se ballader en bikini sur une plage, je peux être absolument certain que je ne la ramènerai pas en Europe, et qu'elle sera engeolée derechef. Et je pense que, de leur point de vue, les autorités locales seraient quelque part fondées à le faire. Même si, culturellement, une telle répression pour un acte qui me parait, à moi, si anodin, me révolterait sans aucun doute dans la situation.
"Quand on vit à Rome, on vit comme les Romains" dit le proverbe antique (Saint Augustin). Et c'est sans aucun doute en grande partie grâce à cet adage que Rome a rayonné sur le Monde d'alors pendant plus de cinq siècles (avant de succomber aux invasions dites barbares, et à leurs cultures qui ne l'étaient pas moins), et que ce rayonnement est parvenu jusqu'à nous pendant 15 siècles encore...
Les civilisations ne trouvent leur pérénité que dans la défense de leurs cultures. Et nous ne faisons pas exception à la règle. Si nous tenons à notre civilisation occidentale, nous devons IMPOSER le respect de notre culture. Même si (j'entends déjà les critiques courroucées des irresponsables tenants du multiculturalisme) nombre d'apports extérieurs ont constitué des enrichissements indéniables. Ils ne l'ont fait que dans la seule mesure où ils n'étaient pas CONTRAIRES à nos principes culturels de base. Et ce à quoi nous assistons aujourd'hui est aux antipodes de cette condition incontournable.
Je suis le contraire d'un xénophobe, et a fortiori d'un raciste. Ca ne me pousse pas à accepter n'importe quoi, n'importe quel comportement, n'importe quelle tenue vestimentaire, n'importe quel rite social. Si telle femme musulmane porte une bourka parce qu'elle y est contrainte, je me féliciterais que la loi de mon pays en interdise l'usage. Si, au contraire, elle la porte volontairement en application de ses principes religieux ou culturels, alors qu'elle la porte, mais dans son propre pays et pas ici. Sa culture est CONTRAIRE à la nôtre (et je ne parle pas ici QUE de la bourka). Si elle vit ici, c'est à elle de s'adpater, pas à nous...
Plus qu'un simple détail vestimentaire, plus même qu'une question de croyance religieuse, le voile islamique est un symbole culturel en opposition totale avec la conception occidentale des rapports hommes/femmes, au moins celle du 21ème siècle. L'Islam comporte d'ailleurs d'autres exemples d'opposition culturelle de ce type avec nos sociétés. Ces comportements ne me gênent en aucune manière dans les pays de culture coranique, où ils ne regardent que leurs habitants, mais je n'accepte pas qu'ils me soient imposés ici.
Je ne veux pas que la France devienne un "patchwork" de cultures, avec des ilôts musulmans, des îlots bouddhistes, des îlots juifs, hindous, animistes, que sais-je ? Ces "îlots" dont je parle deviennent rapidement, partout où le multiculturalisme a droit de cité, des bastions du communautarisme. Je REFUSE l'un et l'autre.
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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vendredi 6 février 2009
La voie (ou la voix ?) à suivre...
Le Président s'est donc exprimé hier soir, simultanément sur trois chaînes de télévision, au sujet de sa politique de relance et sous la "pression sociale" ambiante.
Dans ma réponse à un commentaire, j'avais exprimé hier mes craintes quant au contenu de son intervention. Je me sens donc moralement tenu de m'exprimer aujourd'hui à son sujet, même si rédiger un article de fond mériterait une étude plus approfondie mais trop coûteuse en un temps dont je ne dispose malheureusement pas.
Je me bornerai donc à quelques réflexions jetées pêle-mêle sur ce blog. J'imagine que les commentaires ne manqueront pas de me donner l'occasion de m'expliquer plus profondément sur le sujet si nécessaire.
Tout d'abord, je me félicite que son discours n'ait pas été le signe d'un changement de cap coupable que je n'étais pas le seul à redouter. Heureusement, la politique du gouvernement reste globalement orientée dans la bonne direction, celle d'une gestion pas trop calamiteuse (moins qu'elle pourrait l'être en tous cas), d'un investissement résolu dans l'activité, et non de la distributon d'assignats (cet argent qui n'a aucune contrepartie en termes de richesses) que réclament l'opposition et, malheureusement, une partie de l'opinion.
Cependant, et je pense sous la pression des mouvements de rue que l'on a connus très récemment, il nous a fait quelques annonces que je considère quelque peu démagogiques, sans doute dans le but, voué à l'échec, de calmer à la fois les esprits et les ardeurs combattantes de certaines victimes habilement manipulées. C'est le jeu normal, en démocratie, même si les conséquences peuvent être graves, et porter préjudice à ceux-là même sous la pression desquelles des décisions déraisonnables peuvent être prises...
Ainsi en va-t-il par exemple des ces chèque-emploi-services financés par le budget de l'état, ou de cette augmentation annoncée des allocations familiales, mesure pas plus financée que la première. A cause notamment de cette absence de financement, ces deux mesures, pour ne parler que d'elles, seront par nature inopérantes : il faudra bien un jour que quelqu'un les paie, et ce ne pourra évidemment être que les contibuables, et donc ceux qui vont en bénéficier (petitement) sur le court terme. Un coup d'épée dans l'eau dans le meilleur des cas. D'autant qu'elles ne suffiront pas à calmer les mécontents.
Les aides aux "chômeurs partiels", et aux jeunes chômeurs très mal ou pas indemnisés aujourd'hui, sont elles-aussi sujettes à caution. Qui paiera ? Les entreprises ? Dans le contexte actuel, on ne voit pas bien comment. Les contribuables ? Mais alors on en revient à la case départ... Ou les deux ? Car gageons que ces 1,4 milliard d'euros représentés par les intérêts des prêts consentis aux banques ne suffiront évidement pas à tout financer. Et il le sait parfaitement...
Restent des mesures beaucoup plus sensées et qui, elles, vont tout à fait dans le bon sens. A condition bien sûr qu'elles trouvent leur contrepartie dans des économies budgétaies dont il n'a hélas pratiquement pas fait mention..
A commencer par la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu qui, elle, apporterait un vrai "plus" au pouvoir d'achat de ceux qui sont le plus à même de relancer la consommation, et donc la production (même si la production intérieure n'en sera pas la première bénéficiaire compte tenu de l'importance des produits importés, ou ré-importés à cause des délocalisations)
A continuer par la suppresion de la taxe professionnelle : cet impôt dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est mal conçu et qu'il représente un frein à l'emploi. Il y avait longtemps que beaucoup la réclamaient, cette suppression, et que personne n'osait la faire. Evidemment, les élus locaux hurlent déjà contre cette mesure. Il est absolument certain qu'elle devra être compensée au niveau local pour permettre aux collectivités territoriales de financer leurs investissements, à laquelle cette taxe est aujourd'hui affectée. Mais on est là dans le contexte de la réforme fiscale indispensable qu'il faudra bien mettre en oeuvre, même si elle doit par nature bousculer certaines "rentes de situations" et certains immobilismes institutionnels. Le problème est bien plus vaste que la seule taxe professionnelle. Il concerne toute la gamme des prélèvements et des financements publics, aujourd'hui incroyablement exagérés et trop injustement répartis. Mais ce n'est certes pas dans l'urgence qu'il faut s'y attaquer. Dans cette optique, la suppresion de la taxe professionnelle, si elle n'est qu'un élément du puzzle, est de très bonne augure.
A noter enfin cette idée des "trois tiers", qu'il avait déjà exprimée, au sujet de la répartition des excédents des entreprises (ce qu'on appelle communément "les bénéfices"). Je resterai assez prudent à son sujet. Sur le fond, je suis assez partisan du principe, lequel consiste à "couper en trois" le résultat net : un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement, et le dernier tiers pour les salariés. Sous forme de participation, évidemment, c'est à dire hors de toute augmentation de salaire et hors de tout prélèvement social. Sinon, la mesure devient quasiment caduque, le poids des charges annulant en grande partie le bénéfice de l'opération.
C'était la grande idée du général De Gaulle en son temps que de répartir une partie des bénéfices entre les salariés. Cette idée avait été mise en oeuvre, mais de manière très timide et selon moi avec deux défauts.
Primo le fait que cette participation soit bloquée sur une période assez longue et donc ne représente pas du pouvoir d'achat immédiat. Les Français n'ont pas à être incités à l'épargne : nous sommes le pays d'Europe où cette épargne "populaire" est la plus importante en volume.
Secundo le fait que le montant en soit fixé à la discrétion de l'employeur et sans concertation effective. De deux choses l'une : ou bien on considère que le chef d'entreprise est seul maître chez lui et fait ce qu'il entend du résultat financier de ses activités, et alors l'institution même de cette participation salariale est illégitime, ou bien on considère normal que les salariés, qui ont participé, c'est une évidence, aux résulats financiers dont on parle, en perçoivent une part en retour, et il devient alors normal que le montant en soit fixé d'un commun accord avec eux.
Personnellement, je serais assez d'accord, philosophiquement, avec la première proposition. Dans une entreprise, celui qui prend les risques, et celui qui paie de sa poche (sur ses biens personnels) si les choses tournent mal, c'est le propriétaire de l'entreprise, c'est à dire le patron ou l'actionnaire (dans les PME, c'est souvent le même). Il est donc normal a priori que ce soit également lui qui perçoive les bénéfices.
Mais cette position très libérale qui n'étonnera personne de ma part, doit être nuancée. Il faut être pragmatique, et constater qu'à l'évidence une part non négligeable d'employeurs ont une certaine tendance à se comporter sans considération à l'égard de leurs salariés. Je pense que cela tient au fait que les actionnaires sont de moins en moins souvent des entrepreneurs, mais des financiers qui n'ont de regard que sur la rentabilité immédiate de leurs investissements. Je le conçois parfaitement et sans restriction de la part d'un financier. Pas de la part d'un entrepreneur, dont le premier souci devrait être, et était encore il n'y a pas si longtemps dans l'écrasante majorité des cas, la pérennité de son entreprise. Or, cette pérennité passe par l'activité et les efforts des salariés. Ce n'est pas être collectiviste ou même socialisant que de le penser et de le dire. C'est tout simplement voir les choses telles qu'elles sont.
Or, une des conséquences de la manière d'opérer de ces "investisseurs non-entrepreneurs" dont je parle, c'est la non prise en compte des droits légitimes des salariés de l'entreprise. Et je ne parle pas ici des seuls droits issus de la législation, laquelle devrait n'être là que pour contrer les abus.
Le respect de la liberté des entrepeneurs, qui passe par le respect de leur droit de propriété sur leur entreprise, et donc corolairement par le respect de leur liberté d'utilisation des "bénéfices" de celle-ci quand ils existent, est la traduction naturelle et littérale de la philosophie libérale dont je me réclame haut et fort. Mais cette philosophie libérale n'est applicable dans les faits que si elle n'est pas utilisée comme un alibi pour se comporter en rapace et en prédateur. "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", dit l'adage populaire. Eh bien ! Respecter la liberté des autres, c'est aussi respecter la valeur du travail des autres. Et ce n'est pas les considérer comme de la matière jetable (le "matériel humain", m'a dit un jour un DRH !).
Rassurez-vous, je ne suis pas devenu "gauchiste" ! Et je sais bien qu'il faut également prendre en compte les impératifs de la concurrence, et notamment de la concurrence internationale. C'est dans cette optique que je maintiens sans cesse que d'une part les rémunérations ne peuvent et ne doivent être fixées qu'en fonction des possibilités réelles des entreprises, et dans la conjoncture actuelle le moins est de dire qu'elles ne sont pas immenses, et que d'autre part les effectifs doivent être fixés au minimum nécessaire. Tout cela porte un nom : c'est de la bonne gestion. Mais il convient aussi de ne pas aller d'un extrême (sur-effectifs et salaires insupportables charges comprises) à l'autre (sous-effectif notoire et salaires de misère, voir délocalisations injustifiées).
J'en reviens à mes moutons : l'idée de la participation aux bénéfices est de mon point de vue une bonne idée. Que cette participation représente une part de la rémunération est très positif. Que les sommes issues du dispositif participatif soient disponibles immédiatement, et non soumis à cotisations sociales, ni pour le salarié ni pour l'employeur, en ferait un gain de pouvoir d'achat important.
Que la part des résultats affectée à cette participation soit fixée de concert entre employeur et employés m'apparaît indispensable.
Corolairement, que cette part soit fixée par la loi (que ce soit le tiers ou toute autre proportion) représenterait une ingérance inacceptable de l'état dans la gestion des entreprises. C'est pourquoi je pense que Nicolas Sarkozy a tout à fait raison "de mettre cette idée sur la table", parmi d'autres, et de provoquer la concertation entre patronat et syndicats, concertation dont le coup d'envoi sera donné le 18 février prochain si j'ai bien compris. Ce n'est pas à l'état de décider, c'est aux entreprises et aux représentants des salariés de se mettre d'accord.
Il n'y a plus qu'à espérer que les idéologies resteront au vestiaire lors de cette réunion, même si c'est peu probable.
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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lundi 2 février 2009
Mon positionnement sur l'échiquier
Depuis quelques temps, je lis avec intérêt, chez nombre de mes blogueurs favoris, des articles qui forment une "chaîne", chacun passant le relais à quelqu'un d'autre et ainsi de suite. Cette chaîne est particulièrement intéressante, puisqu'elle questionne sur le positionnement politique de chacun. Intéressante, mais pas facile d'y répondre, et pour tout dire j'appréhendais un peu que quelqu'un me "passe le relais", tant il est difficile de répondre avec précision et avec honnêteté à une telle question. Lomig m'ayant "pointé du doigt", parmi d'autres, je vais donc m'appliquer ici à le faire. Tout d'abord, et contrairment à beaucoup, je préviens que je ne vais pas "m'intituler", comme le font beaucoup (exemple : "socialiste", "libéral ceci", "libéral cela", "bonapartiste", "royaliste", que sais-je encore ?). Ce n'est pas par coquetterie : je m'en sens tout simplement incapable. J'ai souvent dit, à une époque où je m'intéressais moins à la politique, et où en tous cas j'y avais moins réfléchi, que je n'adhérerais jamais à aucun parti politique en raison du fait que, selon moi à l'époque, aucun parti ne pouvait répondre exactement au positionnement d'un individu donné, et qu'il faudrait autant de partis que de citoyens. J'ai bien sûr évolué depuis, mais je maintiens que le positionnement politique, pour peu que l'on y réfléchisse suffisamment et qu'on le réalise de manière honnête, est particulièrement complexe et ne peut pas cadrer totalement avec une doctrine quelle qu'elle soit. J'ai fait en son temps, comme l'ont fait tous les membres LHC d'ailleurs, un petit test qui vise à se positionner sur une carte virtuelle sensée représenter l'évantail des idées politiques possibles. Mon résultat de ce test est édifiant, et me place nettement parmi les "libertariens", c'est à dire parmi "l'aile dure" des libéraux. Ca ne me convient pas réellement, après analyse, et je vais essayer de dire pourquoi. Certes, je suis pétri d'un idéal de liberté, et opposé dans l'absolu à toute idée de contrainte du pouvoir politique sur l'individu, à tout interventionnisme dudit pouvoir, et à tout ce qui est de nature à déposséder l'individu-citoyen de son libre arbitre et de sa liberté d'agir en tous domaines. En ce sens, et loin de moi l'idée de m'en cacher ou d'en minimiser l'intensité : je suis, foncièrement un libéral. Cela signifie, comme je viens de le dire, que je dénie au pouvoir politique, c'est à dire à l'Etat, la légitimité de prendre quelque décision que ce soit en désaccord avec le citoyen, que je place les intérêts dudit citoyen, en tant qu'individu, très au-dessus de ceux de la société, en tant que groupe, et que je considère que l'Etat n'a de légitimité que pour garantir aux citoyens le plein exercice de leurs libertés. Cela suppose évidemment de garantir leur sécurité, et donc cela légitime l'usage de la force à cet effet. Je fais ainsi parfaitement mienne la formule selon laquelle "l'Etat est le seul dépositaire de la violence légitime", dans le cadre strict de sa seule mission décrite ci-avant. Si j'en restais à ce positionnement que je qualifierais de "primaire", je laisserais sur leur faim beaucoup de mes lecteurs, qui sans doute ne comprendraient pas pourquoi le terme de "libertarien" ne me convient pas tout à fait. C'est que nous ne vivons pas dans un concept virtuel mais dans une réalité tangible. Et dans cette réalité, les positions rêvées ne correspondent pas totalement aux situations vécues. Plusieurs de mes amis libéraux s'en tiennent volontiers à la doctrine que je viens de décrire brièvement. Ce sont eux que l'on appelle les "libertariens". Quant à moi, esprit scientifique aidant, à chaque fois que je défends une idée, je me pose immédiatement la question de savoir si elle est réalisable dans le concret. Et c'est là que je diffère sensiblement des libéraux idéalistes, et que je me rapproche plus des libéraux "utilitaristes", ceux qui admettent certaines dérogations à leur principes dans un but "utilitaire", c'est à dire pour permettre la mise en oeuvre concrète d'une politique "la plus libérale possible", pour faire court. Une restriction cependant, et de taille : cette éventuelle concession n'a de sens que temporaire. Il s'agit seulement de prendre le temps nécessaire à la modification des structures de la société, le but à atteindre étant dans tous les cas, à tous les niveaux et sur tous les sujets, une libéralisation complète. Dernier point que je veux aborder ici : mon positionnement par rapport à l'échiquier politique établi. Primo, je me refuse à chercher à me déterminer comme "de droite" ou "de gauche" : ça ne veut, à mon sens, strictement rien dire. Personne n'a été capable jusqu'ici de me donner de définitions fiables de ces deux termes. Et quand on me traite d'homme "de droite", comme cela arrive souvent du fait que je combats les idées constructivistes et interventionnistes de partis comme le PS, pour ne citer que lui, ça a le don de me déplaire superbement. Si la "droite" française état libérale, nous aurions sans doute moins de difficultés socio-économiques... Secundo, s'il est parfaitement évident que les positions des partis d'obédience marxiste ou keynésienne sont le plus souvent à l'opposé des miennes, les partis qu'ils combattent ne répondent pas non plus à mes attentes, loin s'en faut. J'ai mis une certaine confiance dans le Président de la République actuel lorsqu'il n'était que candidat, et que son programme me semblait au minimum aller dans le bon sens. Mais force est de constater que la politique qu'il mène aujourd'hui n'a rien de libéral, et qu'il mérite presque la caricature de "socialiste de droite" que lui collent certains. Quant à ces partis qui se disent "centristes", et qui de fait ne savent pas trop de quel côté ils doivent pencher en fonction de leurs propres intérêts bassement électoralistes du moment, il n'est pas moins évident que je ne m'y reconnais pas plus... De fait, aucun parti politique crédible sur l'échiquier actuel n'incarne de près ou de loin les idées qui sont les miennes, et nous ne sommes certes pas sur le chemin, dans la conjoncture actuelle qui pousse à tant d'interventionnisme partout dans le monde, de voir les choses changer. Mon penchant "utilitariste" me conduit cependant à préférer ceux qui prônent la responsabilité et le travail à ceux qui prêchent l'assistanat. Etre libéral, c'est bien sûr se battre pour la liberté de l'individu, mais il n'y a pas de liberté sans responsabilité, et l'irresponsabilisation du citoyen conduit inexorablement à son asservissement, de fait sinon de droit... CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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vendredi 30 janvier 2009
La politique de Ville
Je suis avec un très grand intérêt deux débats qui se sont instaurés chez Lomig, d'Expression Libre. L'un à la suite d'un article qu'il a fait paraître au sujet des banlieues concomitamment une émission "C dans l'Air" sur France 5. L'autre au sujet de l'Islam et des libertés.
Si je joins les deux sujet dans ce billet, c'est parce que, au moins dans l'inconscient collectif mais pas seulement, le "problème des banlieues" est lié à la religion musulmane, qui est celle d'une majorité des familles qui y résident.
Concernant l'émission de France 5, le débat s'est un peu cristallisé autour de la personalité de chacun des deux maires invités par Yves Calvi, Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, et François Pupponi, maire de Sarcelles, deux communes de la banlieue parisienne.
Je ne vais pas reproduire ici les débats, ce qui ne présenterait aucun intérêt. Mais les articles et les commentaires m'ont inspiré quelques réflexions, que je vous livre.
Je ne relègue personne "dans les poubelles de l'Humanité", comme a pu s'insurger un commentateur, mais je suis très réservé sur un jugement porté sur Philippe de Villiers qui consisterait à en faire un bienfaiteur de cette même humanité au motif qu'il "agit et soutient des projets de déaveloppement en Afrique".
C'est peut-être vrai. Je n'en sais rien. Ca ne le dédouane pas d'avoir été un temps le fidèle allié de JM Le Pen, célèbre négacionniste et pourfendeur de la liberté de penser, et de tenir lui-même des propos extrémistes...
Quant à Xavier Lemoine, que je ne connais pas suffisamment pour le juger, je ne peux me baser que sur ses propos lors de l'émission dont il s'agit, et au cours de laquelle il ne s'est certainement pas comporté en raciste ou en xénophobe. Le fait de combattre le désormais sacro-saint multiculturalisme et d'évoquer les problèmes que rencontre l'intégration de certains immigrés, voire de certains français issus de l'immigration, ne fait pas de l'auteur de tels propos d'ignobles personnages à combattre. Ils ne font que dire ce qu'ils pensent, et qui ne peut être sincèrement nié par personne. Il suffit de regarder sans préjugé pour voir. Mais beaucoup, pour des raisons plus souvent politiciennes qu'humanistes, s'ingénient à ne pas regarder, ou pire à refuser de reconnaître des faits tangibles...
La vraie solution n'est ni de fustiger ceux qui le disent ni de prétendre le contraire, mais, quand on est aux manettes, de tenter d'y remédier. Evidemment, c'est plus compliqué, et accessoirement ça ne rassemble pas nécessairement les suffrages de tout le monde...
Ensuite, et sur l'aspect religieux qui s'insinue immaquablement dans un tel débat, il convient de redire encore et encore, qu'aucune religion n'est intrinséquement bonne ou mauvaise, et que le jugement que l'on porte sur elles est nécessairement biaisé et vicié par notre propre interprétation de ce que l'on en voit, ou de ce que l'on croit en savoir. Or ce que l'on croit en savoir, et bien plus encore ce que l'on en voit, n'est bien souvent pas l'expression fidèle de ce qu'elle est dans son essence même.
Ainsi, et concernant l'Islam puisque c'est essentiellement de cette religion dont on parle ici, il y a plusieurs lectures possibles du Coran en fonction de notre capacité à nous replacer dans le contexte de l'époque où il a été rédigé : il est évident que les moeurs du 21° siècle n'ont plus rien de commun avec celles du 7° siècle.
Il en va d'ailleurs exactement de même avec la Bible, et, pour ne donner qu'un exemple, la loi du Tallion, qui avait pour but de limiter les exactions des régimes politiques en place à l'époque, produit aujourd'hui des effets condamnés par beaucoup, ce que l'on peut comprendre dans le contexte politique d'aujourd'hui. A l'origine, "oeil pour oeil, dent pour dent" signifiait en gros "ne fais pas à autrui plus de mal qu'il ne t'en a fait", et c'était un énorme progrès. Aujourd'hui où les moeurs politiques sont en moyenne éminemment moins violentes, ce principe revient à dire "venge-toi sans faiblesse et ne laisse pas ton adversaire sans punition". Autres temps, autres moeurs ? Non, autres temps autre perception, voilà tout...
Pour en revenir à l'Islam, ses Ecritures comportent bien certains principes qui, s'ils pouvaient se concevoir dans le monde de l'époque, nous apparaissent aujourd'hui sous des jours totalement condamnables. Et je suis le premier à les condamner : domination voire élimination des "infidèles", guerre sainte, et sur un plan plus personnel domination de l'homme sur sa (ses) femme(s), etc... Dans notre monde actuel, ces principes-là sont à combattre avec la dernière énergie.
D'ailleurs, nombre de Mulsulmans l'ont bien compris, consciemment ou non, et ne les appliquent plus. Mais les courants dits "intégristes" ne l'entendent pas de cette oreille, et que ce soit pour des raisons sincèrement religieuses ou plus indéfendablement encore pour des raisons politiques, les mettent en pratique au pied de la lettre, avec les moyens du 21° siècle et l'horreur que ces moyens permettent de développer.
S'il n'est pas fondé de combattre les Musulmans que l'on dit "modérés", il faut combattre sans pitié ces intégristes-là. Or, leurs principes, quoi qu'en disent certains ingénus, étant directement issus de leur Livre Saint, le seul moyen de les combattre efficacement est de combattre les principes coraniques concernés. Ce n'est pas la majorité silencieuse et modérée qui pose problème, mais ceux qui sèment la terreur s'inspirent des mêmes Ecritures. Ce sont elles qu'il faut dénoncer, avec les yeux des hommes du 21° siècle et en considérant les ravages qu'elles causent au 21° siècle...
Pour en revenir aux banlieues, il ne s'agit pas de combattre en elle-même la culture des immigrés qui les peuplent en majorité, et encore moins ces immigrés eux-mêmes; il s'agit de ne pas tolérer que leur communautarisme gêne, voire interdise, leur intégration dans la société française. L'idée du multiculturalisme conduit inévitablement, ce n'est pas une position philosophique mais une constatation objective, au communautarisme, c'est à dire à l'auto-exclusion de populations concernées. Il est donc de mon point de vue primordial d'intégrer réellement ces populations, y compris leurs membres "de la deuxième génération", voire de la troisième, qui pour beaucoup ne le sont toujours pas. Et leur permettre de s'intégrer passe au minimum par une occidentalisation de leur culture. Ce n'est être ni raciste ou xénophobe ni "d'extrême-droite" que de dire ça : c'est tout simplement être de bon sens.
Et le rôle de l'état consiste à oeuvrer dans ce sens, aux fins de préservation de la paix publique, c'est à dire de la sécurité, c'est à dire de la garantie du plein exercice de la liberté de chacun, les immigrés, fils ou petits fils d'immigrés, et les autres. Ce n'est à l'évidence pas le cas aujourd'hui, où ces populations d'origine étrangère sont comme "parquées" dans des quartiers où ne réside quasiment personne d'autre qu'eux. Une telle situation est la définition exacte du mot "ghetto". On a constituté des ghettos, et on s'étonne que leurs habitants ne s'intégrent pas. Ajouté à la paupérisation des mêmes quartiers, ce phénomène n'a pourtant rien de surprenant dans ses conséquences...
Je conçois parfaitement que le rôle des élus locaux en la matière soit particulièrement difficile. Mais se faire élire maire de sa commune ne revient pas uniquement à percevoir l'indemnité liée à la fonction, et si la tâche était si facile, on n'aurait peut-être tout simplement beaucoup moins besoin d'eux...
Certains l'admettent et oeuvrent avec leurs moyens, d'autres rejettent systématiquement sur l'état la responsabilité d'une situation à laquelle, certainement, il n'est pas étranger, mais qu'il n'est pas le seul à posséder les moyens de la résoudre.
Tout ramener à une question de moyens et se borner à demander une contribution toujours plus importante du budget de l'état n'est pas une attitude responsable. C'est pourtant le discours que tiennent bon nombre d'élus locaux, et cela devient à la longue assez insupportable.
La "politique de la ville", comme on l'appelle, n'est pas une simple affaire de gros sous. Si la "dotation générale de fonctionnement", qui consistue l'essentiel des ressources communales, devrait être calculée, en effet, en tenant compte des difficultés spécifiques de certaines communes, et en parculier de la présence sur leur sol en nombre important de citoyens immigrés dont il faut assurer l'intégration, cette dernière ne peut être réalisée sans un minimum de courage politique de la part des édiles, notamment au regard de la nécessaire mise en oeuvre de la mixité sociale (mixité en termes économiques mais aussi en termes ethniques et de confession). Or, cette mixité fait peur à une certaine frange de la population, raison pour laquelle les élus ne s'y risquent pas, pensant en priorité à leur future réélection. Ce n'est pas ma conception de la mission d'un élu. Dommage que ce soit celle d'une majorité d'ente eux...
Je suis bien conscient, et j'entends déjà les critiques, que ce que je viens de dire ne résout pas le problème. Mais sans la mise en oeuvre de certains principes de base, rien ne sera jamais possible.
Ce n'est pas être raciste que d'admettre que des problèmes communautaristes existent dans ce pays et qu'il serait bon de s'en préoccuper enfin. Ce n'est pas être d'extrême droite que de dire que les populations immigrées ont autant de devoirs que les "français de souche", même si je n'aime pas cette expression. Et que parmi ces devoirs figure celui de s'adapter à la société qui les accueille. Ce n'est pas être responsable que de se contenter de prétendre le contraire et de rejeter sur d'autres la responsabilité d'une situation que tout le monde, que toutes les communautés, trouvent insupportable. Ni de ne pas prendre les décision courageuses que la fonction élective réclame.
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dimanche 25 janvier 2009
Fanatisme et passivité
Une fois n'est pas coutume : le texte que je livre aujourd'hui n'est pas de moi. Je l'ai reçu dans ma boîte mail, parmi tous ceux que nous recevons chaque jour et qui pour la plupart n'ont, au mieux, aucun intérêt.
Celui-ci, au contraire, avec lequel je me sens parfaitement en phase, soulève un problème auquel on ne réfléchit pas assez : celui de la passivité coupable. J'ai l'intention de revenir dessus plus profondément, mais pour aujourd'hui je tenais simplement à marquer ici l'intérêt que ce texte a suscité en moi.
Quand c'est trop tard, c'est trop tard
Un homme dont la famille faisait partie de l'aristocratie allemande, avant la seconde guerre mondiale, possédait un certain nombre de grandes usines et de propriétés.
Quand on lui demandait combien d'allemands étaient de véritables nazis, il faisait une réponse qui peut modifier notre attitude au regard du fanatisme.
« Peu de gens étaient de vrais nazis » disait-il, « mais nombreux étaient ceux qui se réjouissaient du retour de la fierté allemande, et encore plus nombreux ceux qui étaient trop occupés pour y faire attention.
J'étais l'un de ceux qui pensaient simplement que les nazis étaient une bande de cinglés. Aussi la majorité se contenta-t-elle de regarder et de laisser faire.
Soudain, avant que nous ayons pu réaliser, ils nous possédaient, nous avions perdu toute liberté de manoeuvre et la fin du monde était arrivée. Ma famille perdit tout. Je terminai dans un camp de concentration et les alliés détruisirent mes usines. »
Aujourd'hui, des « experts » et des « têtes bien pensantes », ne cessent de nous répéter que l'Islam est la religion de la paix, et que la vaste majorité des musulmans ne désire que vivre en paix.
Bien que cette affirmation puisse être encore vraie pour beaucoup de musulmans peu ou prou pratiquants, elle est totalement infondée. Elle cherche à nous réconforter, et, en quelque sorte, à diminuer le spectre du fanatisme qui peu à peu envahit la Terre au nom de l'Islam.
Les fanatiques qui gouvernent l'Islam, actuellement, ont une volonté d'extension qui prédominera comme les nazis l'ont fait.
Ce sont les fanatiques qui paradent et imposent leur loi aux modérés. Au Darfour ils massacrent aux yeux de la terre entière.
Ce sont les fanatiques qui financent les cinquante conflits armés de par le monde.
Ce sont les fanatiques qui assassinent systématiquement les chrétiens ou des groupes tribaux à travers toute l'Afrique et mettent peu à peu la main sur le continent entier, à travers une vague islamique.
Ce sont les fanatiques qui posent des bombes, décapitent, massacrent ou commettent les crimes d'honneur et les représailles sanglantes.
Ce sont les fanatiques qui prennent le contrôle des mosquées, l'une après l'autre.
Ce sont les fanatiques qui prêchent avec zèle la lapidation et la pendaison des victimes de viol et des homosexuels.
La réalité, brutale et quantifiable, est que la « majorité pacifique », la « majorité silencieuse » y est étrangère. Elle se tait et se terre parce qu'elle sera la future victime jusqu'à ce qu'elle s'y associe.
La Russie communiste était composée de russes qui voulaient tout simplement vivre en paix, bien que les communistes russes aient été responsables du meurtre d'environ vingt millions de personnes.
La majorité pacifique n'était pas concernée.
L'immense population chinoise était, elle aussi, pacifique, mais les communistes chinois réussirent à tuer le nombre stupéfiant de soixante-dix millions de personnes pour imposer leur vision de leur société.
Le japonais moyen, avant la deuxième guerre mondiale, n'était pas un belliciste sadique. Le Japon, cependant, jalonna sa route, à travers l'Asie du sud-est, de meurtres et de carnages dans une orgie de tueries incluant l'abattage systématique de douze millions de civils chinois, tués, pour la plupart, à coups d'épée, de pelle ou de baïonnette.
Et qui peut oublier le Rwanda qui s'effondra dans une boucherie. N'aurait-on pu dire que la majorité des Rwandais était pour « la Paix et l'Amour » ?
Les leçons de l'histoire sont souvent incroyablement simples et brutales, cependant, malgré toutes nos facultés de raisonnement, nous passons souvent à côté des choses les plus élémentaires et les moins compliquées : les musulmans pacifiques sont devenus impuissants face à la vague islamiste.
Les musulmans pacifiques deviendront nos ennemis s'ils ne réagissent pas, parce que, comme mon ami allemand, ils s'éveilleront un jour pour constater qu'ils sont la proie des fanatiques et que la fin de leur monde aura commencé.
Les Allemands, les Japonais, les Chinois, les Russes, les Rwandais, les Serbes, les Afghans, les Iraquiens, les Palestiniens, les Nigériens, les Algériens, tous amoureux de la Paix, et beaucoup d'autres peuples, sont morts parce que la majorité pacifique n'a pas réagi avant qu'il ne soit trop tard.
Enfin, au risque de choquer ceux qui doutent que le sujet soit sérieux, qu'ils sachent que c'est la passivité qui permettra l'expansion du problème.
Aussi, défendez-vous un peu et propagez largement ce message, surtout auprès de vos amis musulmans !
Ne rien faire, laisser dire, ne pas réagir, c'est laisser faire... Et c'est coupable !
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lundi 22 décembre 2008
Economie et culture virtuelles
C'est la semaine de Noël, et par définition celle où les retardataires comme moi vont se précipiter dans les magasins pour acheter en catastrophe les derniers cadeaux qui leur manquent.
Vus les problèmes de pouvoir d'achat dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles, problèmes que je ne nie évidemment pas, qui sont bien réels et qui sont même une calamité pour certains, mais dont l'évocation quotidienne crée selon moi une psychose inconsciente propre à accentuer encore l'impression de crise, et mécaniquement la crise elle-même, vus donc ces problèmes de pouvoir d'achat, je m'attendais à des rayons surchargés et à des allées clairsemées, les acheteurs boudant logiquement les "temples de la surconsommation" que sont les hypermarchés.
Que nenni ! Quelle ne fut pas ma surprise de constater le nombre hallucinant de ces retardataires de dernière heure ! On se sent moins seul, tout à coup, et pour tout dire un peu rassuré sur son propre comportement laxiste à l'égard de ses enfants et de ses amis...
Mais la première surprise passée, l'esprit d'analyse reprend le dessus, on ne se refait pas, et on se souvient en un éclair de cette morosité dont on ne cesse de nous parler, de cette crise économique qui fabrique des malheureux à la chaîne, de ces pauvres gens que l'on nomme les "travailleurs pauvres" et qui fréquentent les restos du coeur et la banque alimentaire, de ces reportages où l'on ne voit que de pauvres hères, de ces discours misérabilistes, et on se demande aussitôt si on est bien sur la même planète, si ces gens que l'on voit là, devant nos yeux, sont bien réels ou si les reportages dont je parle ne sont pas quelque peu "bidonnés".
Je sais bien qu'il ne faut pas se laisser aller à des raccourcis instinctifs, ni se laisser abuser par des apparences trompeuses. Je sais bien que j'ai là sous les yeux une infime partie des gens, et qu'ils ne sont pas forcément représentatifs de l'ensemble. Je sais bien que pour 10 de ceux-là, il y en a peut être 50 qui n'ont pas les moyens de venir ici, même pour acheter "une bricole". N'empêche : ça fait une impression bizarre, et on ne peut que se poser des questions... Je me rappelle avoir vu comme tout le monde les longues files d'attente qu'on nous montrait, files d'attente des Soviétiques devant les magasins alimentaires au siècle dernier (le 20ème : ce n'est pas si loin). Je me rappelle aussi le discours d'une certaine extrême gauche qui fustige le capitalisme et son lot de production de pauvreté. Et ce que j'ai là sous les yeux ne me rend pas enclin à les suivre sur ce terrain. Même si je suis aveuglé. Et même s'il y avait bien un SDF à l'entrrée du magasin quand je suis arrivé...
Bref, la crise existe bien, et les victimes en sont nombreuses certes, mais qu'on arrête de nous chanter sur tous les tons qu'on est au fond du trou et qu'on souffre le martyr...
Deuxième aspect de mon analyse instinctive de ce que j'ai sous les yeux : l'économie virtuelle. A mieux y regarder, il y a là, et avec les caddies les plus remplis s'il vous plait, des personnes qui de toute évidence ne "roulent pas sur l'or", comme disait l'autre. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour déterminer du premier coup d'oeil si la tenue vestimentaire de tel ou telle est récente et sort d'un magasin chic (sans pour autant être de luxe), ou bien si elle date au mieux de l'an passé, et a été achetée au "deux fois neuf". Ce n'est pas faire injure aux "moins favorisés" que de dire que, malheureusement, "ça se voit". Et bien, je le répète, ces gens-là, que je respecte au plus haut point je tiens à le préciser, poussent en général les caddies les plus garnis. Je ne me lancerai pas dans une conclusion hasardeuse sur la seule base de mes premières impressions, mais il me vient quand même tout naturellement à l'esprit l'évidence que les CCAS et autres primes de Noël y sont pour beaucoup. Dois-je me dire avec satisfaction que mes impôts servent à quelque chose ? Car, ne nous y trompons pas, ces impôts-là se retourvent bel et bien dans ces caddies-là. Je ne porte pas de jugement de valeur sur le contenu des dits caddies. Quoique...
Troisième aspect de la même analyse, toujours aussi instinctive. Je regarde instinctivement le contenu de quelques caddies. Il y a là pas mal de jouets classiques, de jeux dits "de société", de jouets en bois et autres "légos". Les modes ne balaient pas toutes les traditions. Mais il y a aussi, en quantité non négligeable et au contraire, tous ces jeux électroniques "dernière génération" dont le prix n'a d'égal que leur peu de valeur. Il est hallucinant de voir à quel point la plupart achètent à prix d'or plour leurs enfants des objets dont il ne savent pas eux-mêmes ni les utiliser ni même de quoi ils sont constitués... C'est sans doute l'impact imparable de la publicité et des campagnes de marketing, alliées à la puissance de l'effet de mode, du "qu'en dira-t-on" et du "bouche à oreille". Mais s'agissant de ces produits en particulier, on ne peut selon moi que le regretter.
J'ai encore dans l'oreille l'excellente émission de Monique Canto-Sperber samedi midi sur France-Culture, qui traitait du sujet de l'identité, et et qui évoquait particulièrement les problèmes rencontrés dans la lutte contre la cybercriminalité à cause des identités virtuelles.
Dans la "vraie vie", nous avons une identité et une seule, dont nous ne sommes pas maîtres puiqu'elle nous est délivrée par l'autorité administrative. Il est à ce point extrêmement difficile d'usurper l'identité de quelqu'un d'autre que le droit est quasiment muet sur le sujet.
Dans le monde virtuel, à commencer par tous ces jeux et jusqu'au site "Second Life" sur Internet, non seulement on se construit une ou plusieurs fausses identités, non seulement on a la possibilité d'en user et d'en changer à volonté, mais encore on peut tout aussi aisément, avec un minimum d'habitude et de d'habileté, emprunter celle d'un autre et agir en ses lieu et place. C'est le problème que l'émission de France Culture soulevait essentiellement, celui d'une "morale virtuelle" totalement à contre sens de la morale du "monde réel".
Je ne vais pas m'étendre abusivement sur le sujet, mais voilà une pratique tellement répandue sur la "toile" et dans les jeux électroniques divers et variés que nos chères têtes blondes, qui sont nées avec ça et que l'on n'éduque pas aux dangers que cela représente, vont trouver toute naturelle, et que, gageons-le, elles auront bien du mal à ne pas tenter de transposer dans la "vraie vie". Elles se préparent de beaux jours, avec notre coupable complicité...
Une économie virtuelle ; une culture virtuelle... Attention au réveil, bien réel !
Et en attendant, joyeux Noël...
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mercredi 10 décembre 2008
Une petite histoire de bénéfices
D'abord, une petite fable fictive, bien que parfaitement crédible.
Je suis un salarié de l'industrie métallurgique. J'ai une certaine qualification professionnelle et une ancienneté qui font, à elles-deux, que je gagne honorablement ma vie. Mon salaire équivaut à peu de chose près à 2,5 fois le Smic. J'habite à 5 mn à pieds de mon lieu de travail, et je n'ai donc pas besoin de voiture pour m'y rendre.
Mon épouse travaille dans l'automobile, à quelques 40 kilomètres de notre domicile. Elle a un emploi tertiaire qui lui procure un salaire d'environ 1,5 Smic.
A nous deux, nous gagnons donc environ 4 Smics. Nous avons ainsi pu faire construire notre pavillon, évidemment à l'aide d'un emprunt bancaire. Bien que ce pavillon soit situé à proximité de mon lieu de travail, j'ai quand même pris la décision lorsque nous avons déménagé, d'acheter un deuxième véhicule. Cependant, je maintiens qu'il s'est agi d'une décision de bon sens économique.
En effet, nous avons deux enfants et notre véhicule était donc une routière de milieu de gamme capable de nous transporter confortablement tous les quatre, mais qui consomme plus que la moyenne. J'ai donc considéré qu'il était préférable que mon épouse ne l'utilise pas quotidiennement pour se rendre à son travail, et j'ai préféré acheter une petite cylindrée plus économique pour cet usage.
Nous ne roulons pas sur l'or, mais avant la crise nous avions néanmoins un train de vie honorable et assez confortable, ce qui rend jaloux quelques uns de mes amis, et, je le sais, pas mal de mes voisins. Il est cependant à noter que notre niveau de revenus n'est dû ni au hasard ni à des pratiques malhonnêtes : nous avons, mon épouse et moi, poursuivi des études qui nous ont permis d'occuper des emplois qualifiés et assez bien rémunérés, et nous avons su gérer notre budget et limiter nos dépenses. Nous avons donc réussi à constituer un petit patrimoine (notre pavillon), et nous avons en fin d'année, impôts (largement) payés, un revenu résiduel que nous plaçons dans un plan d'investissement (un de mes amis appelle ça du "bénéfice" !..)
Je suis assez heureux, du reste, que cette situation me permette de donner du travail à d'autres personnes : que ce soit un jardinier (à temps partiel évidemment), une femme de ménage (à temps partiel elle aussi), un voisin bricoleur à qui je confie quelques menus travaux d'entretien et que je rémunère en CESU. Tout ce petit monde, sans oublier mon garagiste qui a l'entretien mes deux véhicules, est bien content de profiter indirectement de notre activité, à ma femme et à moi.
Seulement, tout ce que je viens de détailler n'était vrai que jusqu'à maintenant. En effet, la crise est passée par là. Mon épouse a perdu son travail et je fais l'objet, évidemment avec beaucoup d'autres, d'une mesure de chômage partiel qui est prévue pour durer plusieurs mois. Et rien ne dit que je ne perdrai pas moi aussi mon emploi dans une laps de temps plus ou moins long...
Ca n'empêchera pas, bien entendu, les échéances du prêt bancaire, ni tous les autres frais courants, de continuer à courir : nourriture, eau, gaz, électricité, taxe foncière, taxe d'habitation, etc, etc...
Alors, j'ai pris les seules décisions qui s'imposent dans ces conditions dès lors qu'on sait gérer son budget : je vais vendre le deuxième véhicule, ce qui ne plaira pas à mon garagiste, je vais faire mon jardin moi-même, ce qui ne plaira pas à mon jardinier, ma femme fera elle-même l'entretien domestique de la maison, ce qui ne plaira pas à la femme de ménage, et en prime nous restreindrons évidemment nos dépenses d'habillement ainsi que nos sorties, ce qui ne plaira pas aux commerçants concernés.
Et pourtant, pour employer les termes qu'utilise l'ami dont je parlais tout à l'heure, nous avons "fait des bénéfices"...
Je vais maintenant vous raconter une autre histoire, tout aussi crédible mais tout à fait vraie celle-là.
Il était une fois un concessionnaire automobile situé à 40 km de chez moi, très prospère, qui faisait de gros bénéfices, et qui avait un secrétariat important, en rapport avec son volume d'affaires.
Il était une fois également une usine sidérurgique située à 5 mn à pieds de chez moi, qui faisait un énorme chiffre d'affaires notamment avec l'industrie automobile, qui réalisait elle aussi de très gros bénéfices, et dans le bureau d'études de laquelle j'étais employé.
Mais, pour ces deux entreprises aussi, la crise est passée par là... Le concessionnaire automobile a vu ses ventes chuter dramatiquement. L'usine sidérurgique, notamment à cause de la mévente dans l'automobile mais pas seulement, a vu également son chiffre d'affaires s'effondrer. Les deux ont été obligés de réduire leurs dépenses de frais généraux, et bien évidemment leurs effectifs. C'est ainsi que ma femme a perdu son emploi, que mon employeur a licencié également, et que je suis moi-même en chômage partiel.
Et pourtant, tous deux faisaient jusque là de gros bénéfices...
Et voilà enfin où je voulais en venir.
On entend à longueur de temps les hommes politiques (de gauche essentiellement) et les syndicalistes s'indigner du fait que les entreprises qui font des bénéfices licencient quand même en raison de la chute de leur activité. Il en est même qui prêchent l'interdiction des licenciements. Je suis pourtant intimement persuadé que ceux-là mêmes qui hurlent avec ces loups-là, approuvent à 100 % le comportement du couple dont je brossais le tableau dans la première partie de ce billet...
Il n'y a cependant aucune justification logique à une différence de jugement entre l'une et l'autre de ces attitudes. De quel droit peut-on demander à un industriel de continuer à payer du personnel dont il n'a plus l'utilité, même s'il a engrangé des résultats positifs jusque là ? De quel droit peut-on exiger de lui qu'il agisse autrement que le feraient ceux-là mêmes qui lui reprochent ? Quel différence objective y a-t-il entre un salarié qui vit de l'activité de son entreprise et son patron qui vit lui aussi de cette même activité ? Hors le fait, rédhibitoire pour certains, que l'un est patron (ou investisseur, ce qui revient strictement au même) et l'autre salarié. Hors le fait que, dans la tête de certains, les revenus du capital sont honteux et ceux du travail sont vertueux. Hors le fait que pour ceux-là, et par définition, les produits de l'entreprise doivent aller majoritairement et prioritairement aux salariés, et accessoirement seulement aux actionnaires (et encore...)
Et bien moi, ces raisonnements-là m'indignent. Ils déshonorent tout bonnement ceux qui les tiennent.
Appliquer leur politique, ce serait inéluctablement conduire à une fin certaine les entreprises concernées, et donc à la disparition programmée de la totalité de leurs emplois. Ils auront évidemment le culot ensuite de fustiger les erreurs de gestion qui auront conduit à la catastrophe, erreurs de gestion dont ferait partie le maintien des emplois inutiles... Où peut-on bien trouver après ça le plus petit semblant de crédibilité dans leur discours ?
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mardi 2 décembre 2008
Economie sociale et solidaire.
Je sors d'une réunion publique intitulée "Forum de l'économie sociale et solidaire". J'y avais été invité par une amie, et dans la mesure où, je l'avoue bien humblement, je n'avais aucune idée de ce qu'était cette "ESS", j'ai répondu favorablement à l'invitation par simple curiosité.
J'y ai appris, dans le préambule de présentation prononcé par un éminent (mais ils le sont tous) élu local, que l'ESS en question était enseignée dans le cadre de l'IUT dans les locaux duquel on se trouvait réunis. Ce n'était pas encore le cas à l'époque où je fréquentais les bancs d'Assas. Aussi, et à ce stade, ma curiosité n'était pas encore satisfaite. Ca n'allait pas durer, et je n'allais pas être déçu...
Suivit une deuxième partie du préambule, aux bons soins d'un second intervenant qui s'est présenté comme le Secrétaire Général d'un organisme dont j'ai oublié le sigle, mais très officiel et très administrativement constitué, connu, et bien entendu ... financé !
Avant de me rendre à l'invitation, une consultation de Wikipédia m'avait donné quelques notions en m'informant que "Par économie sociale on désigne une doctrine politique qui entend développer, sous le nom de tiers secteur, les activités économiques qui ne sont organisées ni comme des entreprises capitalistes (puisque leur finalité n'est pas principalement de dégager un bénéfice), ni comme un service publique, ni comme une famille."
Ce que Wikipédia ne m'avait pas indiqué, et que j'ai découvert sur place, c'est que cette économie dite "sociale" était devenue également "solidaire" depuis qu'elle bénéficiait généreusement de la solidarité publique, c'est à dire de ... l'impôt !
J'explique avec mes mots, car ceux que j'ai entendus, directement empruntés à la langue de bois et au lexique politico-militant-de-gauche-assumé, ne rendent pas compte clairement de la réalité profonde du concept.
L'économie sociale et solidaire, c'est "la partie de l'économie qui met, parait-il, l'homme au centre du propos aux lieu et place du profit". En d'autres termes, c'est une activité économique (50 % parait-il de l'économie locale en Nord Pas de Calais !) qui ne génère pas de profits, et n'a d'autre finalité que de répondre aux besoins des citoyens sans souci de rentabilité.
Le point positif de ce "bidule", c'est qu'il serait porteur de créations d'emplois par charrettes, et d'emplois bien rémunérés s'il vous plaît. Jusque là, c'est assez séduisant. Mais l'empêcheur de rêver en rond que je suis s'est immédiatement posé la question-de-fond-qui-fâche : si ça ne fait pas de profits, si c'est essentiellement au bénéfice des populations modestes, et si ça rémunère bien ses intervenants, alors qui paie ? Il n'y a pas besoin d'être docteur en économie pour comprendre qu'il y a un problème de fond...
Par respect pour l'amie qui m'avait invité, je me suis bien gardé de poser la question, d'autant que je n'avais pas la parole, et je me proposais de soulever le lièvre lors de l'atelier de réflexion qui devait suivre et auquel je m'étais inscrit. Je n'eus pas besoin d'attendre cet atelier, et j'ai vite compris.
En fait, on a commencé par nous expliquer que, "comme nous le voyons en ce moment", l'économie de marché, celle qui a donné ses heures de gloire aux "trente glorieuses", ne répondait pas à toutes les situations, que le marché ne s'auto-régulait pas du tout, et que ce modèle économique était caduque. Qu'il fallait en inventer un autre, et que l'économie sociale et solidaire était de nature à répondre à ces nouvelles exigences.
On a ensuite continué logiquement en nous expliquant tout aussi naturellement que pour pallier les manques de l'économie de marché, les mieux à même de s'y coller étaient les élus, et que le monde associatif au sens large (associations, coopératives, fondations) avait toutes les caractéristiques pour être leurs intermédiaires de terrain, essentiellement financées par ... des subventions !
Ben voyons ! La voilà la réponse à toutes mes questions ! Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Dire que la solution était là, sous mes yeux : un président de communauté de communes, des élus, des associations (très) proches des politiques locaux. Et je n'avais même pas compris ! Suis-je bête...
Un petit détail quand même, car décidément j'ai toujours des questions impertinentes. Avec les impôts de qui va-t-on alimenter les subventions ? Avec le produit de quelle activité non-sociale et non-solidaire ? Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! Avec le secteur marchand. Avec les profits de ces affreux capitalistes libéraux. C'est tellement facile...
J'avais sous les yeux, à portée de mains, tout ce qui représente la négation de tout ce à quoi je crois dans ce bas monde. Je baignais dans une soupe collectiviste et je ne m'en étais même pas rendu compte...
Inutile de dire que je n'ai pas participé à l'atelier prévu. Je me suis esquivé en présentant quelques excuses propres à ne pas vexer l'amie qui m 'avait invité, qui reste mon amie mais avec qui je refuserai à tout jamais de parler politique au risque que, rapidement, elle ne le soit plus si je lui disais ce que je pense vraiment...
Tout ceci dans le cadre d'un institut universitaire, en présence d'élus locaux, et donc avec toute l'apparence d'une manifestation officielle propre à engendrer le bourrage de crâne que je suppose bien être le but ultime de la manoeuvre.
Je ne vois pas bien pourquoi ce forum serait un cas isolé, et j'imagine donc, de plus, que de telles messes d'endoctrinement se déroulent un peu partout dans ce beau pays, aux frais du contribuable évidemment car il faut bien payer les frais que ça engendre...
Vive la République. Vive la France.
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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mardi 23 septembre 2008
Capitalisme libéral et crise financière
Le 14 septembre dernier, je promettais un billet sur le sujet de la crise financière. Pardon pour le délai, mais tout arrive et je vous le livre aujourd'hui.
Pendant que je terminais son écriture, le Président du Conseil Européen (et non pas de l'Union Européenne comme il aime à s'en vanter à tort) prépare un discours devant l'ONU dont on nous dit qu'il comportera une prise de position, et peut-être une initiative. Si effectivement ce discours apporte quelque chose de neuf et d'important dans le débat, j'y réagirai. Mais je ne crois pas beaucoup à sa capacité d'influencer le monde financier, ni même le monde politique, planétaires. Et je ne suis pas certain du reste que les remèdes qu'il préconisera aillent véritablement dans le bon sens. J'ai cessé de croire à sa réelle volonté, ou à tout le moins à sa réelle capacité, d'aller au bout de la logique qui, pourtant, était la sienne affichée il y a encore peu. Qui vivra verra...
La crise que nous vivons (et non pas "que nous venons de vivre" comme je l'ai entendu ce matin encore) n'est ni plus ni moins que la conséquence logique, prévisible, et imparable, de comportements insensés de décideurs irresponsables. Que les anti-capitalistes de tous poils ne se réjouissent pas trop vite de mes propros : la suite va moins leur plaire...
Je l'ai encore écrit récemment : le capitalisme libéral est le seul système capable de favoriser efficacement, et je suis prêt à dire "de permettre", la mise en oeuvre de l'esprit d'entreprise, de créer des richesses de manière dynamique, et de permettre à chacun de profiter de manière juste des richesses produites.
L'être humain a ses caractéristiques naturelles incontournables qu'aucune théorie, aussi pensée et aussi sérieuse soit-elle, ne pourra pas plus changer que quelque législation ou quelque système politique que ce soit. Et parmi ces caractéristiques, il en est une qui est selon moi partie intégrante du concept d'intelligence dont s'enorgueillit notre espèce : chacun de nous a le souci de son propre intérêt, et quand nous faisons des efforts c'est avant tout pour profiter de leurs fruits. Obliger les individus à travailler dans la seule optique de la collectivité, et leur demander de faire confiance à cette collectivité pour subvenir à leurs propres besoins, est vain par avance, et je répète que c'est selon moi le signe d'une intelligence supérieure dont ne sont pas doués, par exemple, un chien de meute ou un loup, une abeille ou même un primate...
Ca ne justifie nullement des comportements du type "chacun pour soi", et la solidarité est également un signe d'intelligence. Elle est aussi une composante importante de l'humanisme dont je me réclame. Mais demander que chacun cesse de penser à lui pour ne penser qu'aux autres, ou même fasse passer couramment ses propres intérêts après ceux des autres, serait une hérésie, et le faire serait un signe de déficience intellectuelle.
Le capitalisme est un système qui permet à celui qui produit des richesses, à quelque niveau qu'il se trouve dans la chaîne de production, de profiter des fruits de son activité. C'est vrai pour l'investisseur qui voit son investissement valorisé et qui perçoit sa part des bénéfices sous forme de dividendes. C'est vrai aussi pour les salariés qui perçoivent leur part de ces mêmes bénéfices sous forme de salaire. Et plus on produit de richesses et plus il y a de fruits à se partager.
Dans un système collectiviste, les richesses produites sont mises en commun et partagées uniformément (du moins en théorie) entre les individus. Chaque individu n'a donc plus d'intérêt direct à faire des efforts de production, et c'est le meilleur moyen de démotiver tout le monde. On sait quel a été le résultat des expériences qui ont été menées en appliquant à la lettre ces théories, de l'URSS et de ses satellites à la Chine avant son virage capistaliste à la fin du siècle dernier.
Dit comme ça, on pourrait croire que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes". A ce stade de ce billet, beaucoup sans doute me reprochent déjà ce sophisme.
Comme toute construction humaine, la construction d'une société capitaliste comporte par nature ses erreurs, dont la première est sans aucun doute de ne pas appliquer correctement et complètement le principe qui la sous-tend. C'est ainsi que pas un seul pays au monde ne met en oeuvre un capitalisme économique "pur et dur", c'est à dire libre et sans contrainte, qui selon moi est contenu de manière implicite dans la doctrine libérale. Et, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, les entorses faites au système (capitalisme dont je parle ici ou libéralisme dont je parle souvent par ailleurs) ont deux conséquences immédiates et imparables : primo le fonctionnement est faussé et ses résultats dévalorisés; secondo les adversaires du système trouvent à profusion des arguments pour le dénigrer en "oubliant" évidemment de dire qu'il n'est en fait pas appliqué...
Voilà pour le capitalisme économique : le seul qui vaille car celui qui s'appuie sur la production de richesses dont il est chargé de réglementer la distribution entre les acteurs du marché.
Mais un autre aspect du capitalisme a vu le jour depuis longtemps, et a pris un essort sans précédent depuis la "révolution industrielle" au 19ème siècle. On l'appelle communément "capitalisme financier", et s'il est l'émanation du capitalisme économique dont je viens de parler, il en constitue une "verrue" que je qualifie de "tumorale", et je vais essayer d'expliquer pourquoi.
Je l'ai dit, le système capitaliste est le moyen de permettre aux uns d'investir et profiter de leurs investissements, et aux autres de travailler et de profiter des fruits de leur travail. Dans les deux cas, les bénéfices tirés de l'activité sont représentés par les richesses produites.
Pour permettre les échanges entre investisseurs, les titres de propriété des entreprises (les actions) sont placés dans des bourses d'échange où ils voient leur valeur fluctuer à la hausse ou à la baisse en fonction "du jeu de l'offre et de la demande" : plus il y a d'acheteurs potentiels d'une action donnée et plus sa valeur (son "cours de bourse") augmente. Inversement, si peu d'investisseurs se déclarent acheteurs, le cours baisse. Jusqu'ici, rien d'anormal. La prise de valeur d'une action est la conséquence de la bonne santé de l'entreprise, et donc de la production de richesses par cette entreprise. Il n'y a rien d'artificiel là-dedans.
Par contre, un autre aspect de l'activité de certains investisseurs est hautement condamnable en ce sens qu'il fausse délibérément le bon fonctionnement du système : je veux parler de la spéculation.
De quoi s'agit-il, expliqué simplement ? Il s'agit de faire monter artificiellement le cours de bourse d'une action pour la vendre plus cher qu'elle ne vaut, ou inversement de faire chuter son cours pour l'acheter "à vil prix", le tout sans aucun lien avec l'activité et la santé réelle de l'entreprise concernée. Les techniques qui permettent ces fluctuations articifielles des cours sont nombreuses, et certaines sont tout simplement illégales. Peu importe le détail de ces pratiques, c'est le principe de la spécualtion elle-même qui est un non-sens économico-financier.
J'en arrive à la crise que nous connaissons, qui de financière et liée à des opérations spéculatives est devenue économique, et je vais tenter d'expliquer pourquoi. Je sais par avance que beaucoup vont m'objecter que tout ça est trop simplement dit. C'est volontairement que je n'entre pas dans les détails et que je m'en tiens aux grandes lignes, au demeurant suffisantes pour expliquer.
A l'origine de cette crise se trouve ce que l'on a apelé "l'affaire des subprimes". Il s'est agi, pour les banques américaines, de profiter plus que de raison de l'essor du marché immobilier. Les prix de l'immobilier ont "flambé" d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique à cause d'une demande énormément supérieure à l'offre, et il n'y a rien là que de très normal. Mais en raison de cet état de fait, nombre de banquiers américains, parmi les plus importants, se sont mis à distribuer des crédits immobiliers à taux variables à n'importe qui et sans discernement de solvabilité. L'idée de base était simple : si le client ne peut plus payer, et comme la valeur de son bien prend constamment de la valeur, la banque aura tout loisir de vendre ce bien, sur lequel reposait évidemment le nantissement (la garantie) du prêt, pour récupérer son dû. Ces prêts étaient consentis à taux variable pour permettre à la banque de répercuter auprès de ses clients les variations possiblement importantes des taux d'intérêt.
Les taux d'intérêt ont effectivement évolué dans le mauvais sens, les échéances des prêts en question ont donc augmenté très considérablement, et un nombre très important d'emprunteurs se sont trouvés dans l'impossibilité de faire face à leurs obligations. Tant que les prix de l'immobilier montaient, les banques vendaient les biens nantis, les gens se retrouvaient à la rue mais les banques rentraient dans leurs fonds.
Mais toute embellie a un fin, et le marché de l'immobilier, en Amérique comme en Europe, s'est "retourné", et les prix se sont mis à chuter sans que les taux d'intérêt ne baissent. En conséquence les emprunteurs ne pouvaient toujours pas payer, mais les banques ne pouvaient pas non plus vendre les immeubles suffisamment cher pour entrer dans leurs fonds. D'où des difficultés financières très importantes pour beaucoup d'entre elles, et d'où des faillites en cascade.
Et le problème ne se limite pas à cette situation, déjà catastrophique. Les banquiers avaient en outre inventé ce qu'ils ont appelé la "titrisation" de leurs créances. Afin d'assurer un peu plus les risques fous qu'ils avaient pris avec ces pratiques tant hasardeuses, ils ont créé des "produits financiers", c'est à dire des titres de créance qu'ils ont vendus aux autres banques un peu partout dans le monde. De ce fait, quand les difficultés que je viens d'expliquer se sont fait jour aux Etats Unis, ce sont toutes les banques du monde ou presque qui se sont retrouvées avec des titres de créance qui ne valaient plus rien.
Or les banques, dans le monde entier, n'ont heureusement pas comme activité que de spéculer et espérer des bénéfices faramineux sur le dos de leurs clients. Elle font aussi leur métier, qui est essentiellement de financer par des prêts et moyennant intérêts (c'est là leur seule vraie source crédible et normale de revenus) les activités de leurs clients, que ce soit pour des opérations immobilières, pour des achats de consommation des ménages, ou pour les investissements dans les entreprises. Si un nombre très important de banques, et particulièrement les plus grandes d'entre elles, connaît de graves difficultés financières, elles se retrouvent de facto dans l'impossibilité de remplir ces missions qui sont les leurs naturellement.
Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, il est de plus en plus difficile d'obtenir un prêt à la consommation (pour acheter un téléviseur, une voiture ou des meubles par exemple), de plus en plus difficile également d'obtenir un prêt immobilier pour faire construire sa maison ou pour la rénover, et surtout de plus en plus difficle pour les entreprises de financer leurs investissements (achat de machines-outils par exemple).
En conséquence, les marchands d'électroménager, l'industrie automobile, les marchands de meuble, entre autres, ne vendent plus. Leurs fournisseurs non plus. En conséquence également, les entreprises de bâtiment voient "fondre" leur marché. En conséquence toujours, les entreprises n'investissent plus et deviennent incapables de répondre aux besoins de leurs propres clients, etc, etc.. Sans oublier que tout le monde dans cette chaîne économique, voyant son activité diminuer considérablement, va devoir en tirer les conséquence sur le plan de l'emploi. D'où non seulement peu d'embauches, mais encore des licenciements...
Evidemment, tout ce marasme économique provoque une chute vertigineuse de la valeur des actions des entreprises, partout dans le monde, et comme une grande partie de l'épargne, les économies des ménages et les retraites complémentaires par exemple, est "assise" sur des actions en bourse, c'est également cette épargne qui "fond" à vue d'oeil, au rythme de la "dégringolade" des indices boursiers.
Moralité, si l'on peut dire dans une affaire qui en manque tant : une perversion par certains d'un système qui, à la base, est garant, tant qu'il est respecté, des intérêts et de la prospérité de chacun. Et cette perversion provoque une véritable catastrophe planétaire.
Je ne dis évidemment pas que cette crise dite "des subprimes" est la seule responsable de la crise actuelle : d'autres pratiques spéculatives, et pas seulement en Amérique, sont là pour l'alimenter encore aujourd'hui.
Si le capitalisme économique est, je le répète, le meilleur outil économique en ce bas monde, et si l'Etat n'a aucune vocation à y participer directement ni à en limiter la liberté d'action, il a par contre le devoir d'assumer sa fonction régalienne de garantie de la sécurité du citoyen et de ses biens. Et cette fonction recouvre la vérification du fonctionnement normal et honnête du système. Il dispose pour cela, dans tous les grands pays du monde, d'outils législatifs et d'organismes de contrôle qui, s'ils avaient été utilisés comme ils auraient dû l'être, n'auraient pas permis ces pratiques douteuses et ces prises de risques inconsidérées, et auraient ainsi eu toutes les chances d'éviter la catastrophe que nous vivons aujourd'hui.
Au lieu de cela, les états ont démissionné de leur mission de base, et ont laissé faire sans intervenir, eux qui pourtant sont si prompts et si enclins d'ordinaire à s'occuper de ce qui ne les regarde pas. Gageons que des raisons politiciennes (électoralistes) sont au minimum une des causes de ce laxisme. On pourrait aussi imaginer quelques "prises illégales d'intérêt" ou quelques "délits d'initiés". Mais je n'ai pas de preuve, et je ne m'aventurerai peut-être pas jusque là...
Aujourd'hui, les conséquences sur l'économie mondiale sont telles que tout le monde a peur. Le spectre de la crise de 1929 revient dans tous les commentaires, même si les causes ne sont pas les mêmes et que les effets ne seront donc pas les mêmes non plus (mais peut-être seront-ils pires ?).
Et ce qui fait peur aux citoyens fait peur aux politiciens : c'est le "syndrome du bulletin de vote". De ce fait, chacun y va de sa déclaration, de sa prise de position, et de sa "mesurette". Jusqu'au jour où, n'y tenant plus, le plus concerné d'entre eux, le plus près du problème de base aussi, et le plus responsable peut-être, "frappe un grand coup". En deux temps.
D'abord, il fait pression sur sa banque centrale (la Réserve Fédérale américaine), et elle consent un prêt d'un montant inégalé au plus gros banquier-assureur américain, AIG, proche de la faillite. J'ai soutenu, et je maintiens, que cette action n'était pas contre nature : il ne s'agissait pas d'une nationalisation puisque ce prêt, consenti en contrepartie de 80 % des actions de l'entreprise, était limité dans le temps. Il s'agissait donc bien d'une opération bancaire normale de refinancement, même si son montant était spectaculaire. Les autres grandes banques centrales ont d'ailleurs fait la même chose ou à peu près, en plus petit. A commencer par la Banque Centrale Européenne.
Mais ensuite, il "franchit le pas" et commet l'erreur du siècle en injectant des sommes colossales à fonds perdus, au nom du Trésor Public américain cette fois, et non plus de la banque centrale, et rachète purement et simplement les "créances douteuses" des entreprises bancaires les plus en difficulté. C'est de l'ingérence et de l'interventionnisme au premier degré, officiellement aux frais du contribuable mais en réalité par le jeu d'une aggravation du déficit du budget fédéral, qui pèse déjà de tout son poids faramineux sur l'économie mondiale. On viendra ensuite me dire que le libéralisme a tous les défauts, et que l'on peut les constater dans la société américaine soi-disant libérale ! Si, ça, c'est du libéralisme, alors je n'y comprends vraiment plus rien !..
Une dernière constation, bien peu optimiste : après un rebond spectaculaire de tous les marchés boursiers, ils sont aujourd'hui repartis à la baisse. Comme quoi l'interventionnisme des états est non seulement contraire à toute logique économique, mais encore inefficace. Je l'ai toujours dit. C'est ici flagrant. J'aurais pourtant, cette fois, préféré me tromper...
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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