jeudi 19 février 2009
Comment mettre 2,6 milliards à la poubelle ?
Mercredi 18 février a eu lieu à l'Elysée un "sommet social" au cours duquel le Président de la République et le Premier Ministre ont reçu les "principaux" syndicats de salariés d'un côté et la patronne du Medef de l'autre. Quatre heures durant, ce beau monde s'est évertué à déterminer comment faire croire aux Français "les plus défavorisés", entendez ceux qui sont le plus susceptibles de mettre la pagaille, qu'ils allaient faire quelque chose pour les aider.
Car ne soyons pas dupes : personne n'a intérêt à ce que la situation sociale en métropole ressemble à court ou moyen terme à ce qu'elle est aux Antilles. Et c'est pourtant le risque que nous courons si tout le monde continue à dire n'importe quoi, et surtout des mensonges, comme ça se produit notamment depuis le début de la crise économique, laquelle, je le répète, n'a pas commencé avec la crise financière, mais était bel et bien une réalité plus ou moins dissimulée depuis de longs mois quand cette dernière a éclaté...
Les syndicats n'ont pas plus intérêt que le patronat ou le gouvernement à une situation de type insurrectionnel que, par défintion, ils ne contrôleraient pas, et qui pourrait même en venir à contester leur légitimité, légitimité toute relative et ils le savent parfaitement. Aussi ont-ils tout intérêt à "jouer le jeu", ce qu'ils font même sils font mine du contraire.
Depuis des années, on s'évertue à mentir à tout le monde, et à faire croire que tout est possible. Or, en temps de crise, non seulement tout n'est pas possible, mais ce qui l'était en temps de croissance est souvent devenu impensable. Et pourtant, les habitudes sont prises, et une part importante de la population ressent comme tout à fait naturels des comportements économiques totalement aberrants.
C'est ainsi qu'il est vain d'espérer faire comprendre à un RMiste que l'allocation qu'il perçoit chaque mois, en ce qu'elle ne correspond à aucune production de richesse, est un non-sens économique qui ne peut que conduire à une dégradation de l'activité, donc à un recul de l'emploi, et donc qu'elle est un des éléments qui le condamnent à rester allocataire de ce même RMI pendant de longs mois. Qu'en d'autres termes, le RMI (ou le RSA, sa version aggravée) crée une bonne part de l'exclusion dont il est victime.
C'est ainsi également qu'il est peu probable de trouver sur dix personnes interrogées, 2 d'entre elles qui admettront, même au prix d'une patiente pédagogie, que le résultat net d'exploitation (les bénéfices) de l'entreprise dans laquelle elles travaillent n'est pas autant de moins sur la part du résultat brut qui leur revient (les salaires), mais que par le biais de l'investissement, il représente le meilleur gage de la pérénité de leur emploi. Et bien sûr, ne parlons pas du dividende de l'actionnaire, perçu comme une "pompe à fric" qui "vit sur le dos des travailleurs". En occultant totalement le fait que l'actionnaire est celui qui prend tous les risques sans lesquels l'entreprise, et donc l'emploi, n'existerait tout simplement pas. Et que ce risque n'est concevable que rémunéré. Envisageraient-elles, quant à elles, de travailler sans salaire ? L'actionnaire n'envisage pas non plus d'investir sans dividende, voilà tout. Pour la petite histoire si j'ose dire, il n'avait pas envisagé non de plus de voir la valeur de son investissment divisé par deux en quelques mois . C'est pourtant ce qu'il vit avec l'effondrement de la bourse.
Tout ces (manques de) raisonnements-là, très largement alimentés et entretenus par des mensonges récurrents destinés à assoir les rentes de situation des meneurs qui les profèrent, sont devenus quasi naturels, et faussent irrémédiablement le jugement d'une part non négligeable de la population.
Alors, quand un gouvernement, de manière tout à fait novatrice par rapport à ses nombreux prédécesseurs, change de discours et privilégie l'investissement, créateur d'activité et donc d'emploi, au détriment de transferts sociaux stérils, le plus souvent non financés, et donc directement producteurs de déficits publics et/ou de faillites d'entreprises, et de chômage, ce gouvernement-là est bien sûr totalement incompris, surtout si, comme en temps de crise, ceux qui entendent le discours sont aussi ceux qui souffrent. Leur réflexe devenu naturel est de demander (d'exiger peut-être) que l'on ouvre un peu plus le robinet qu'ils ont tant l'habitude de voir couler, sans se poser la question de savoir si la source n'est pas déjà tarie. Et c'est bien ce qui se passe actuellement.
Mais, je l'ai dit, personne n'a intérêt à une "explosion sociale". Et comme la colère gronde de plus en plus, que les syndicats, pourtant au fait de toutes ces questions, et que les partis d'opposition, continuent de mentir à leurs ouailles de manière éhontée et de prétendre que l'état peut tout résoudre à coup de milliards qu'il n'a pas, l'état en question n'a qu'une très faible marge de manoeuvre s'il veut éviter le pire sans y perdre trop de plumes.
C'est ainsi qu'hier, le gouvernement s'est résolu à prendre les mauvaises décisions auxquelles il se refusait depuis de longs mois. C'est du moins sous cet angle que je préfère voir les choses, plutôt que de considérer qu'il l'a fait de bon gré et non sous la pression. Car je préfère le taxer de couardise que d'incompétence. Sans pour autant être sûr de la justesse de mon analyse sur ce point...
Déjà la semaine passée, le ton avait été donné quand Nicolas Sarkozy a "sorti de son chapeau" les 1,4 milliards d'euros issus des prêts aux institutions bancaires, en indiquant qu'il allait les distribuer au lieu de les utiliser à, comme il aurait été naturel, financer les intérêts des emprunts que l'état a bien dû lancer pour prêter aux banques. Et de prétendre qu'il s'agissait d'un jeu à somme nulle ! Non, Monsieur le Président, c'est totalement faux et vous le savez bien : les intérêts payés par les banques couvrent juste ceux dûs à vos prêteurs. Et il n'est pas besoin d'avoir fait l'ENA ou HEC pour le comprendre. Encore un mensonge. Comment voulez-vous que les Français s'y retrouvent ?..
Mais hier, cerise sur le gâteau, ces 1,4 milliards se transforment en 2,6 milliards. Que le personnel s'amuse !...
Et pour quoi faire ? Pour donner l'impression de faire quelque chose, et rien de plus. Pour des mesures totalement inopérantes à très moyen terme. Quelles mesures ?
- Une prime exceptionnelle de 500 euros aux salariés qui deviennent demandeurs d'emploi à compter du 1er avril prochain et n'ont travaillé que deux à quatre mois sur les 28 derniers mois : 500 euros une fois, et ensuite plus rien du tout. Un coup d'épée dans l'eau.
- Une prime supplémentaire de 150 euros "dès le mois de juin" pour les 3 millions de familles bénéficiant de l'allocation de rentrée scolaire : même raisonnement que ci-dessus. Deuxième coup d'épée dans l'eau.
- L'attribution de bons d'achat de services à la personne, pour une valeur de 200 euros par foyer, aux 660.000 ménages touchant l'allocation personnalisée d'autonomie à domicile, aux 470.000 familles bénéficiaires du complément mode de garde, aux 140.000 foyers ayant un enfant handicapé et aux demandeurs d'emplois qui retrouvent du travail et ont besoin de faire garder leur enfant : j'ai peur de devoir me répéter. Troisième mesure inopérante au long cours.
- La suppression des deux derniers tiers provisionnels de l'impôt sur le revenu 2009 pour les plus de 4 millions de foyers fiscaux de la première tranche d'imposition. Un crédit d'impôt destiné aux ménages dépassant légèrement la limite de la première tranche permettra d'étendre la mesure à 2 millions de foyers supplémentaires : Une très bonne initiative si elle était compensée par des économies à due concurrence de son coût. Mais ce n'est pas le cas. Et l'an prochain, on revient à la case départ. Sauf que le déficit s'est creusé entre temps. Les allégements d'impôts de cette année vont se transfroemr en impôts supplémentaires l'an prochain. C'est inéluctable...
Et puis des décisions que je qualifierai de pure forme :
- création d'un "fonds d'investissement social" doté de 2,5 à 3 milliards d'euros pour coordonner les efforts en matière d'emploi et de formation professionnelle. L'Etat "est prêt" à en financer la moitié : Sans doute pas complètement inutile, sauf que la formation ne fait pas les emplois. A quoi sert d'être formé s'il n'y a pas de postes à pourvoir ? On met la charrue avant les boeufs.
- information et consultation obligatoires du comité d'entreprise des sociétés de 50 salariés et plus lorsqu'une aide publique directe leur est versée. Brice Hortefeux (Travail) est chargé de préparer un décret "dans les meilleurs délais" : Une atteinte suplémentaire à la liberté d'entreprendre et de gérer son entreprise, c'est à dire une nouvelle entorse au respect du droit de propriété. Et je repose toujours la même question : pense-t-on favoriser l'embauche en mettant des freins aux licenciements ? Ce n'est pas le licenciement qu'il faut éviter, c'est l'embauche qu'il faut favoriser. Quand comprendra-t-on ça ?
En résumé, 2,6 milliards d'euros de déficits supplémentaires, jetés à tous vents, perdus à tout jamais, qui ne satisferont personne et qui ne résoudront rien... C'est le lot de toute relance par la consommation. On ne l'a toujours pas compris...
Enfin il y a les "incitations" et les "propositions", et notamment :
- encourager les branches professionnelles et entreprises à porter l'indemnisation du chômage partiel à 75% du salaire brut, par des conventions ad hoc avec l'Etat. Le gouvernement va engager des discussions avec l'Unedic pour répartir ce surcoût entre entreprises, Etat et assurance chômage : Encore une charge supplémentaire pour les entreprises et le Trésor. Vaut-il mieux, vraiment, payer du chômage partiel que d'investir et de fournir du travail ?
- engager des discussions entre partenaires sociaux sur la valeur ajoutée et le profit, sur la base des propositions d'une mission d'analyse et de concertation remises d'ici deux mois : Il s'agit, si j'ai bien compris, d'engager la discussion sur cette idée "des trois tiers" lancée la semaine dernière. L'idée est bonne, je l'ai déjà dit, mais ne peut se concevoir que dans le cadre d'une négociation dans l'entreprise, chacune d'elle étant un cas particulier, et la décision ne peut être prise qu'à la discrétion de l'employeur. Sinon, il s'agit encore une fois d'une atteinte au droit de propriété, et c'est tout à fait inacceptable.
J'ai l'intention de plancher sur ce dernier point, et de "pondre" un billet sur le sujet de la répartition des richesses produites.
D'ici là, dormez en paix, peuple de France. L'Etat veille sur vous. Mais ne rêvez pas trop quand même...
CE QUE JE CROIS EST MEMBRE DU RESEAU LHC

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Commentaires
Couardise, oui
« C'est ainsi qu'hier, le gouvernement s'est résolu à prendre les mauvaises décisions auxquelles il se refusait depuis de longs mois. C'est du moins sous cet angle que je préfère voir les choses, plutôt que de considérer qu'il l'a fait de bon gré et non sous la pression. Car je préfère le taxer de couardise que d'incompétence. »
Je vois aussi les choses sous cet angle. Sarkozy semble obsédé par la survenue de troubles, et désireux d'acheter la paix sociale en saupoudrant de l'argent public sur les contribuables. C'est du moins comme cela que j'interprète le fait que le programme plutôt libéral de 2007 soit resté lettre morte. Le problème, c'est que ces mesures diffèrent la crise mais ne résolvent rien...
Couardise, mais pas seulement
Bonjour Roman,
Je suis d'accord, et c'est bien ce que j'ai voulu dénoncer, entre autres, dans mon billet.
Mais la couardise n'explique pas tout, et je crois sincèrement que le libéralisme du programme du candidat, qui m'avait séduit moi aussi, n'était pas d'une sincérité absolue, loin s'en faut.
Et à mon sens la volonté d'ouverture très affirmée dès la constitution du gouvernement aurait dû, déjà, nous "mettre la puce à l'oreille". La suite nous l'a démontré : Sarkozy, taxé par certains d'être un "socialiste de droite", est en tous cas au mieux un "social-libéal", c'est à dire un mix entre deux philosophies politiques antinomiques.
Ce qui me fait penser qu'on est assez mal partis...
Pas de courage sans conviction
Bonjour
Après son élection, Sarko avait un boulevard pour réformer (c'est à dire alléger le poids de l'Etat). Il avait été élu pour ça ! On connaît la suite.
Pourtant je suis sûr que le courage politique est payant électoralement, encore faut-il avoir des convictions au delà d'une stratégie de campagne.
La chèvre et le chou...
Bonjour Philippe,
Je suis sûr également que le courage politique, surtout quand ses manifestations eussent été conformes aux promesses de campagne, fussent payantes électoralement.
Parallèlement, je ne suis pas certain que NS manque de convictions (plutôt) libérales.
Ce que je crois, c'est qu'il a une peur bleue des mouvements de rue de grande ampleur (on le voit bien avec sa politique de renoncement en Guadeloupe). Ca n'exclue pas qu'il se laisse facilement séduire par les tenants d'une politique socialisante, sensée lui gagner la sympathie de l'électorat situé à la droite du PS. Il tente de ménager la chèvre et le chou...
Ce que je crois également, c'est que ce sera en pure perte : à ne faire ni pleinement la politique des libéraux qui l'ont élu, ni pleinement la politique des anti-libéraux qu'il décevra toujours, il mécontente tout le monde et il se prendra les pieds dans le tapis presque à coup sûr.
Et accessoirement, il malmène les intérêts du pays et de ses habitants, ce qui est bien plus important et bien plus regrettable encore...
Ce qu'on retiendra
Il est certain que le spectre de mai 68 fout la pétoche à tous les gouvernements. On peut les comprendre. En résulte cet absolutisme impuissant dans lequel Sarkozy est tombé comme ses prédécesseurs. Lui qui voulait liquidé 68, le voilà qui a peur de la Guadeloupe !
Mais ce qu’on retient au final, c’est qu’il a fait le zouave au lieu de réformer la France !
Désormais nous n’avons plus grand-chose à attendre de lui, sinon qu’il ne fasse pas trop de bêtises et qu’il ne se laisse pas mangé tout crû par les syndicats. Vu la triste façon dont il négocia le conflit sur les régimes spéciaux (alors que l’opinion le soutenait à fond), nous avons vraiment de quoi être très inquiets aujourd’hui.
Vous y aviez cru....
Mon projet : ensemble tout devient possible
(les 15 points de mon projet en 16 pages)
1. Mettre fin à l'impuissance publique
2. Une démocratie irréprochable
3. Vaincre le chômage
4. Réhabiliter le travail
5. Augmenter le pouvoir d'achat
6. L'Europe doit protéger dans la mondialisation
7. Répondre à l'urgence du développement durable
8. Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement
9. Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite
10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves
11. Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux
12. Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation
13. Maîtriser l'immigration
14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables
15. Fiers d'être français
Voilà le programme du candidat Sarkozy
Voilà ce pourquoi vous avez voté.
Loin de moi l'idée de vous jeter la pierre maintenant que vous vous rendez compte de votre erreur.
jf.
Relativiser
Bonjour Jacques,
Ne vous réjouissez pas trop vite, et ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit !
Je reproche beaucoup de choses à N. Sarkozy, c'est vrai. Mais ce que je le lui reproche est de ne pas avoir tenu ses promesses LIBERALES, et pas l'inverse. Je lui reproche surtout de reculer devant la contestation, et de faire in fine une politique trop proche de celle qu'une majorité de Français avait repoussée par son élection.
Car enfin, voici une TOUTE PETITE LISTE de propositions auxquelles nous avons échappé, parmi des dizaines d'autres :
Proposition N° 1- Investir massivement dans l’innovation et la recherche : augmentation pendant le quinquennat du budget de la recherche et des crédits publics pour l’innovation de 10 % par an.
Evidemment sans dire par quels financements : impôts nouveaux ou creusement accéléré des déficits ?
Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.
Par quel oukase et quelle violation du droit de de propriété ? Par quelle immixtion totalitaire dans la gestion des entreprises privées ?
Proposition N°3- Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation et en leur réservant une part dans les marchés publics.
C'est à dire de nouveaux fonds publics, financés par de nouveaux impôts locaux. Et l'abandon de la règle de concurrence totale dans les marchés publics.
Proposition N°7- Le SMIC sera porté à 1500 €, le plus tôt possible dans la législature.
C'est à dire la mise en difficulté de centaines de PME et de TPE, des centaines de faillites, et un chômage qui explose.
Proposition N°8- Revaloriser immédiatement les petites retraites
C'est à dire une explosion du déficit des régimes de retraite, car, rappelons-le, il n'était évidemment pas question de les réorganiser, notamment en réformant les régimes spéciaux.
Proposition N°9- Revaloriser immédiatement de 5% les allocations aux personnes en situation de handicap.
Proposition N°10- Doubler l’allocation de rentrée scolaire qui sera versée aux familles en deux fois.
Proposition N°12- Augmenter les allocations logement de manière à limiter à 25% le montant des dépenses de logement pour les ménages modestes.
C'est à dire, là encore, des dépenses nouvelles non financées
Proposition N°11- L’Etat créera un service universel bancaire de base, favorisant les prêts sociaux et le micro-crédit.
C'est à dire une forme inavouée de nationalisation d'un pan entier du secteur bancaire
Proposition N°12- Remettre à la location les logements vacants spéculatifs. Les communes pourront également les acquérir par une procédure exceptionnelle.
C'est à dire déposséder arbitrairement leurs propriétaires. Ca s'appelle de la spoliation.
Proposition N°14- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
Proposition N°15- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.
C'est à dire s'immiscer autoritairement dans la gestion des entreprises privées. C'est à dire nier le principe de base du droit de propriété. C'est à dire forcer la main aux employeurs dès l'embauche. C'est à dire décourager l'embauche. C'est à dire créer du chômage.
Proposition N°17- Créer le droit au premier emploi des jeunes, pour qu’aucun jeune ne reste au chômage au-delà de six mois sans avoir un accès à une formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunérés. Ouvrir 500 000 emplois tremplins aux jeunes, en généralisant la mesure prise par les régions de gauche.
C'est à dire créer des emplois fictifs, ce que la Commune de 1848 avait fait avec les "Ateliers Nationaux". On en connaît l'efficacité. Et le coût...
J'en passe, et de meilleures...
Et voilà pourtant ce pourquoi vous avez voté.
Loin de moi l'idée de vous jeter la pierre : vos convictions sont aussi rescpectables que les miennes, même quand vous vous trompez lourdement. Mais ne comprenez pas trop vite ce que vous avez envie de comprendre quand je critique le gouvernement actuel. Nos critiques respectives ne sont pas du tout de même nature !
A bientôt.
En effet
En effet, quand on lit les propositions du plan de relance de Martine Aubry, on se dit qu’on a échappé au pire. NS a au moins le mérite de résister un peu aux sirènes keynésiennes.
Il y a d’ailleurs ici une contradiction que la gauche doit nous expliquer :
Comment peut-on à la fois désirer « sortir du réflexe matérialiste et consumériste pour redéfinir le modèle de développement » (motion Martine Aubry 2008) et adjurer de relancer l’économie par cette même consommation si décriée ?
Fort bien René
Vous êtes bien documenté. C'est bien.
Mais vous vous permettez de ...tronquer la réalité !
Ainsi vous écrivez ci-dessus:
"car, rappelons-le, il n'était évidemment pas question de les réorganiser, notamment en réformant les régimes spéciaux."
Affirmation purement démagogique de votre part, mensonge éhonté au passage, puisque dans le Pacte de SR auquel vous vous référez (vous l'auriez si mal lu ???) on trouve:
47- Ouvrir avec les partenaires sociaux une large négociation portant notamment sur :
- le mode de financement des régimes spéciaux,
Ceci dit, moi je me réjouis toujours d'avoir voté pour ce Pacte puisque vous même reprochez à M. Sarkozy "de faire in fine une politique trop proche de celle qu'une majorité de Français avait repoussée par son élection."
Eh oui, ce n'est pas la première fois (et peut-être pas la dernière) que M. Sarkozy pioche éhontément dans ce Pacte.
C'est dire si il n'était pas si nul que ça !
jf.
Réaction partielle et fausse impression.
Comme souvent, vous ne me répondez que sur un point précis, celui qui vous arrange parce que vous avez l'impression d'avoir raison à son sujet, et vous ignorez superbement tout le reste...
L'IMPRESSION seulement ! Car quand je dis "notamment en réformant les régimes spéciaux", il ne s'agit pas de les "financer", mais de les SUPPRIMER, une des réformes que NS n'a pas su (ou pas voulu ? ou pas osé ?) mener à son terme.
Ensuite, ne tirez pas trop vite argument du fait que selon vous il "pioche éhontément" dans le "pacte" de Ségolène Royal, pour prétendre que ce programme électoral était bon : ce sont justement ces MAUVAISES mesures que nous sommes beaucoup à lui reprocher.
Je ne vous demande pas de regretter votre vote, ce qui serait stérile. Quant à moi, ce que je regrette, c'est que celui pour lequel j'ai voté n'ose pas aller au terme des réformes qu'il avait promises. Je ne renie pas mon vote, dont je prétends toujouors qu'il était le meilleur : je préfère avoir des regrets que des remords...
A bientôt.
Placebo
Pas tout à fait d'accord : il y a des médicaments qui sont sans principe actif, mais dont l'impact psychologique accélère la guérison. Cela s'appelle un placebo. Il en est de même ici.
@Toreador
Un placebo à ce prix là, c'est criminel...
Chut!
Mais plus c'est cher, plus l'effet psychologique fonctionne voyons !
A condition, bien sûr, que le malade ne soit pas au courant de la supercherie…
Donc, chut !
@rené :
"Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la recherche-développement : je propose de porter cette part à 15%.
Par quel oukase et quelle violation du droit de de propriété ? Par quelle immixtion totalitaire dans la gestion des entreprises privées ?"
"Proposition N°14- Conditionner les aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et obtenir le remboursement en cas de délocalisation.
Proposition N°15- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales, en fonction de la nature des contrats de travail, et supprimer le CNE pour faire du CDI la règle.
C'est à dire s'immiscer autoritairement dans la gestion des entreprises privées. C'est à dire nier le principe de base du droit de propriété."
> j'ai du mal à comprendre. l'Etat est a priori libre de dispenser ses aides et subventions en fonction des résultats qu'il souhaite obtenir. je ne vois pas du tout le rapport avec le respect de la propriété privée. ???