Ce que je crois...

Mes opinions et mes réactions, pour contrer l'esprit de Panurge ambiant

samedi 12 avril 2008

Courage ... reculons !

En 1995, les analystes politiques ont prétendu à la quasi-unisson que Jacques Chirac avait été élu en grande partie grâce aux "déçus du socialisme". L'analyse vaut ce qu'elle vaut. Je pense pour ma part qu'une bonne partie des sympathisants socialistes de 1981-réformés version 1988- avaient entre temps compris que leur "mentor" s'était servi du mot (et du parti du même nom qu'il avait créé à cet effet) pour les amener aux urnes à la fois sur son nom et sur un projet qu'il savait d'avance ne pas pouvoir tenir. De fait, nous avons été un certain nombre à constater avec une certaine (raisonnablement bonne) surprise que ce "François II, Souverain des Français" savait échapper à pas mal des vieux démons de son "peuple de gauche", hérités de feu la SFIO, et qu'il avait un certain talent pour faire avaler des couleuvres à ses troupes. Mais tout a une fin, et celle du Maître étant proche, ses disciples se sont égayés, et fourvoyés dans les méandres du leurre chiraquien...

En 2002, et malgré un passage à Matignon somme toute pas trop calamiteux, exception faite de quelques grosses bourdes nées de l'idéologie qui était et reste la sienne, son successeur désigné s'est trouvé balayé par un vent d'extrême droite qui ne fut à mes yeux que l'expression de la continuité, largement amplifiée, de la désillusion dont je parle plus haut. Sachant que Jacques Chirac en est l'un des premiers responsables, sa "gouvernance molle" étant venue y ajouter une impression d'incompétence. Plus il aurait fallu avancer, et plus il reculait... Il a néanmoins bénéficié "par défaut", au deuxième tour, de la peur panique qui s'était emparée d'une grande partie de l'électorat. J'avoue que pour ma part, et sans pourtant avoir eu peur (Le Pen ne peut pas être dangereux : il n'est pas assez crédible pour ça !), que dans la situation inverse, j'aurais évidemment voté Jospin (avec, quand même, un certain dégoût) pour éviter l'arrivée au pouvoir de ce représentant proclamé de la "peste brune". Je salue encore aujourd'hui le civisme des électeur socialistes qui ont voté Chirac dans le même état d'esprit. Ca n'était pas si facile...

Compte tenu de cet historique peu glorieux, l'élection présidentielle de 2007 était loin d'être jouée d'avance, et je suis convaincu encore aujourd'hui que si Jacques Chirac s'était présenté pour un troisième mandat, la candidate socialiste avait toutes ses chances, compte tenu du désenchantement, et de la désaffection inhérente, de la plupart des citoyens de ce pays. Heureusement, il n'en a pas été ainsi, et les talents de bretteur de Nicolas Sarkozy ont pu faire pencher la balance du bon côté, du moins de mon point de vue.

A ce stade, j'ai fait partie de ceux qui, non contents d'être satisfaits de l'élection de celui qui avait, et de très loin, le meilleur programme pour la France et les Français, mettaient également leur confiance dans sa capacité, qui semblait alors sans conteste, à mener à bien les réformes qu'il annonçait. On était en mai 2007, et presque un an a passé depuis.

Durant cette année qui vient de s'écouler, nous avons eu droit à tout et à son contraire. J'entendais ce matin un certain Patrick Devedjian faire l'éloge du gouvernement dont aucun autre "n'a fait autant de réformes en si peu de temps". C'est peut-être vrai, et je ne vais pas m'amuser à faire des statistiques sur le sujet, mais plus que sur leur nombre (celui des réformes), je préfère m'attacher pour ma part à leur qualité. Je ne vais pas non plus passer en revue tout ce qui a été fait (il faut bien reconnaître, en effet, que cela représente un certain volume de textes législatifs), mais je donnerai simplement ici mon sentiment général, qui est celui de beaucoup d'entre nous.
Les réformes réalisées à ce jour l'ont été trop lentement, ont été à mon avis mal choisies quant à l'ordre de leur venue devant le Parlement (il y avait je pense plus urgent), et, sous prétexte d'une concertation d'ailleurs contestée par les intéressés et donc quasiment inutile, la plupart du temps exagérément édulcorées. En résumé, il fallait aller plus vite, aller à l'urgent, et aller (beaucoup) plus loin...
Je ne dresse pas, cependant, un tableau totalement négatif de l'action gouvernementale. Beaucoup de choses ont été faites qui vont dans le bon sens, et il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Cependant, le sentiment d'impatience le dispute à une certaine dose de déception, et si on y ajoute la conjoncture internationale qui pèse sur l'économie et donc sur le pouvoir d'achat des ménages, une certaine "manière d'être" gesticulative et ostentatoire du Président, on obtient un cocktail détonnant qui explique selon moi sa chute dans les sondages d'opinion, lesquels ne valent bien sûr que pour ce qu'ils sont, et j'ai déjà écrit ce que j'en pensais, mais comme dit le bon sens populaire "il n'y a pas de fumée sans feu". La désillusion est latente, sinon avérée.

Et comme si ça ne suffisait pas, nous assistons depuis quelques semaines à une série de "reculades" spectaculaires. Des annonces sont faites "en rafale", et sans réflexion préalable suffisante je pense, par le Président ou par tel ou tel de ses ministres, y compris le premier d'entre eux. Puis que ce soit sous la pression de la rue, des syndicats, d'associations ou d'autres groupes de pression, très largement relayés par une presse avide, comme à l'accoutumer, de sensationnel, et qui "saute" sur la moindre occasion, surtout quand elle est d'opposition, nous voyons le Président "monter au créneau" et "trancher", selon la terminologie des médias. Trancher toujours dans le même sens, malheureusement ! C'est à dire à reculons...

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs et Mesdames les ministres, vous et les parlementaires qui vous soutiennent n'avez pas été élus pour ça ! Vous avez été élus sur la base de programmes ambitieux et de projets de réformes précis et clairement énoncés, principalement dans le programme présidentiel. Vos électeurs et vous-mêmes saviez parfaitement que la mise en oeuvre de ces réformes ne serait pas une "promenade de santé" et que beaucoup d'entre elles seraient impopulaires.
Monsieur le Président, nous vous avons entendu à plusieurs reprise dire haut et fort que "quand on recherche la durée, on n'a pas suffisamment de temps pour l'action". Nous avons tous compris que cela signifiait pour vous la volonté de réformer quitte à y perdre en popularité dans l'optique de 2012. Nous ne vous pardonnerons pas de mener votre action dans l'optique inverse ! Vous baissez dans les sondages ? Il y a des manifestations de rue ? La presse se déchaîne ? Les élections intermédiaires sont perdues ? Et alors ?... Les chiens aboient et la caravane passe, ai-je déjà écrit ! Je le répète ici...

Tous vos électeurs ont compté sur votre courage affiché pour mettre enfin en oeuvre la politique dont la France et les Français ont besoin et qu'ils attendent depuis plus de trente ans d'immobilisme et de d'assistanat sclérosant. Aucun d'eux n'est prêt à vous autoriser à reculer à la moindre contestation. Vous êtes au pied du mur. Pouvons-nous encore espérer en vous ?... Ou bien, treize ans après les déçus du socialisme, devrons-nous nous compter à notre tour, nous, les déçus du sarkozysme ?

Posté par renefoulon à 16:25 - 6_Actualité - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

Militant....

Très franchement, Cher René, je suis vraiment déçu par votre texte.
J'espérais (vous m'aviez mis l'eau à la bouche, n'est-ce pas...) un texte plus...critique.

Au passage, permettez-moi de vous dire que j'ai eu un haut-le-coeur en lisant qu'en 2002 vous auriez pu être amené à voter "AVEC DEGOUT" (!!!) pour Mr Jospin. Aïe, Aïe, Aïe...non ?

Or donc, votre texte me paraît beaucoup plus militant (ce qui n'est en rien péjoratif) que véritable analyse.

Vous reprochez à Mr Sarkozy ses reculades. C'est votre droit le plus strict, d'autant que vous avez voté pour lui.

Mais moi, j'attendais vos explications sur celles-ci. C'est là ma déception.

D'autre part vous évoquez, dans l'absolu, de bonnes mesures qui aurait été prises. Mais vous n'en citez aucune... Dommage, non ?

Pour ma part, je pourrais ironiser un maximum sur cette situation totalement délétère.
Vous aurez remarqué, je pense, que sur mon Bloc-Notes, je ne me livre que parcimonieusement à cet exercice "délicieux" car je ne m'en réjouis absolument pas pour notre Pays.
Et quand je vois les commentaires faits à l'étranger, les affronts répétés faits aux Etats
par notre Président, je suis TRISTE.

Mais n'ayant pas voté pour Mr Sarkozy, ayant même ardemment milité contre son élection, je ne peux être surpris de ce que se passe. J'ai même du écrire quelque part, dès juillet, que je trouvais de grandes similitudes entre le nouveau Président Sarkozy en 2007 et le nouveau Président VGE en 1974.... C'est dire !

Si cela vous intéresse, vous pourrez retrouver sur mon Bloc-Notes une série de billets - en cours de campagne - les uns intitulés "Souvent Sarkozy varie, bien fol qui s'y fie", les autres "Voilà ce qui nous attend si Mr Sarkozy est élu".

Dernier mot: pourquoi encore parler de "sondages" (dont on sait la fiabilité) alors que s'est deroulé un VRAI sondage, grandeur nature les 9 et 16 mars dernier ?
Car on ne me fera pas croire que les Français ont MASSIVEMENT voté pour la Gauche et singulièrement pour le PS parce que les réformes de Mr Sarkozy n'allaient pas "assez vite" ni "assez loin".

jf.

Posté par Jacques, samedi 12 avril 2008 à 22:56

Complètement d'accord...

salut René,
merci pour ce texte très bon, avec lequel je suis parfaitement en phase. ça fait plusieurs mois maintenant que je souhaiterais voir la cote de popularité mise un peu de côté, et les promesses être tenues.

Les reculades s'enchainent depuis l'été dernier (université, service minimum), et on commence à douter de la force de volonté du président et de Fillon. Le meilleur moyen pour eux d'être réelus est bien de tenir leur promesses.

On attend toujours.

Posté par LOmiG, lundi 14 avril 2008 à 08:41

Militant ? Parfaitement !...

J'ai d'abord été un peu étonné que vous soyez déçu par mon billet. Puis, en y réfléchissant, je crois que ça tient à un malentendu : je ne suis aucunement critique à l'égard de l'ensemble des réformes engagées et à venir, mais je m'insurge au contraire contre la timidité de leur mise en oeuvre. C'est donc le contraire des attaques auxquelles vous vous attendiez, je pense. Et dès lors, je peux comprendre votre étonnement...

Remettez-vous de votre "haut-le-coeur", je vous en prie. Je suis certain que nombre d'électeurs socialistes ont éprouvé un certain "dégoût", eux-aussi, en mettant dans l'urne un bulletin "Jacques Chrisac" au deuxième tour des Présidentielles de 2002. C'est tout à fait compréhensible : il n'est pas facile et il est très courageux, je le répète, de voter contre ses propres opinions, même si c'est pour éviter un péril. C'est pourquoi j'éprouve un vrai respect pour ceux qui l'ont fait...

Vous parlez de militantisme à mon égard ? Mais vous avez absolument raison, mon cher Jacques ! Je milite en effet pour l'application intégrale, rapide et courageuse du programme sur lequel Nicolas Sarkozy a été élu ! Merci de l'avoir compris.
Et c'est bien dans ce sens que je "j'évoque ... de bonnes mesures" qui ont été prises : il sagit de tout ce qui a déjà été voté, et de tout ce qui doit l'être encore, ET SANS RECULADES. Pas besoin d'en dresser la liste : il s'agit de tout ce qui a été promis, c'est à dire l'entier programme sur lequel se sont prononcés majoritairement les Français en 2007, et qui parenthèse ne va peut-être pas encore assez loin. Mais c'est un bon commencement dans l'optique du redressment de notre pays. Cette explication (même si, je le sais bien, vous ne partagez pas mon souhait sur le sujet) vous satisfait-elle ?

J'ai relu avec intérêt, sur votre bloc-notes, un certain nombre des billets que vous évoquez. Je n'y ai rien trouvé de plus pertinent que de raison. J'ai pu surtout y relever un certain acharnement à matraquer le comportement d'un certain "ministre-candidat", c'est à dire la forme, mais sans argumenter outre mesure sur le fond. N'y voyez pas une attaque : vous en aviez parfaitement le droit, et je comprends bien que vous aviez surtout en tête de soutenir une autre candidature...
Pour ce qui est de la forme, je crois avoir été déjà assez clair sur ce que j'en pense, et qui se rapproche de près de ce que vous en dites. Ce n'est pas le personnage pour lequel je m'engage, mais les idées contenues dans son projet que je défends...

Concernant maintenant ce "VRAI sondage grandeur nature" dont vous parlez, je maintiens que les scrutins des 9 et 16 mars derniers ne signifient EN RIEN que les citoyens de ce pays ont "retourné leur veste" au bout de 10 mois. Je les respecte beaucoup trop pour imaginer ça.
Ils ont par contre profité de ce scrutin intermédiaire local, sans conséquence sur la politique nationale, pour exprimer leur désapprobation quant à la méthode, au comportement et aux fréquentes incartades (y compris politiques : pas seulement médiatiques, je vous l'accorde) du Chef de l'Etat. Ils ont aussi voulu exprimer leurs inquiétudes pour leur avenir conjoncturel, et particulièrement pour leur pouvoir d'achat qui se dégrade objectivement (mais sans que, objectivment toujours, on puisse honnêtement en imputer directement la responsabilité à la seule politique du gouvernement).
Il faut bien remarquer, d'ailleurs, d'une part qu'ils ont bien été aidés en cela par le martellement médiatique mis en oeuvre systématiquement sur le sujet dans les semaines qui ont précédé le scrutin, et d'autre part que leur mouvement d'humeur, qui a conduit à la tête de beaucoup de leurs collectivités locales les tenants d'une idéologie de laquelle, par expérience, on ne pouvait pas en attendre moins, a déjà entraîné l'adoption de budgets en progression notable, c'est à dire de nouvelles augmentations d'impôts locaux. Il est impossible de le nier, et j'en ai notamment un exemple très significatif sous les yeux à 10 Km de chez moi (une sous-préfecture du Pas de Calais), avec un budget 2009 préparé avant les élections par l'ancienne municipalité "de droite", puis déjà "revu et corrigé" à la hausse par la nouvelle équipe municipale socialiste.
Je ne pense pas, sincèrement, que les électeurs aient ainsi favorisé la progression, ni même le maintien, de leur pouvoir d'achat. Mais nous sommes en démocratie, et je me dois bien entendu de respecter leur volonté !...

Il s'agissait d'élections locales, et si les citoyens de ce pays ont voulu s'en servir pour infléchir la politique nationale, ils se sont trompés de scrutin. Et les élus nationaux n'en perdent aucunement leur légitimité.
La démocratie qui est la nôtre, et à laquelle nous sommes une très large majorité à être attachés, est une démocratie représentative. Cela signifie que le peuple désigne ses représentants pour une durée définite à l'avance (ici, 5 ans), et qu'ils ont pendant cette période mandat pour mettre en oeuvre la politique contenue dans leur programme électoral. Leur mandat actuel court jusqu'en 2012 et, d'ici là, ils ont le devoir de remplir leur mission. Ne pas le faire, ou le faire mal, quelles que soient par ailleurs les vociférations et les gesticulations, serait un manquement à ce devoir, et j'appellerai ça une trahison.

Enfin, quand je revenais dans mon billet sur la valeur des sondages, je parlais des sondages actuels et pas de ceux du mois dernier. Je m'en suis simplement servi pour mettre l'accent sur la baisse de popularité, non pas seulement chez les électeurs "flottants" qui ont largement contribué à la victoire de la Gauche en mars (ceux qui, pas très convaincus ni par un camp ni par l'autre, se déterminent à chaque scrutin soit pour l'un soit contre l'autre), mais cette fois, c'est démontré, par un certain nombre de convaincus "de droite" mais qui critiquent vertement, comme je le fais moi-même, la mièvrerie de ceux à qui nous avons donné une certaine mission et qui ne la remplissent que timidement, voire qui la violent. C'est ce que j'ai appelé une "désillusion latente, sinon avérée".

Voilà, Jacques, j'ai été très long et veuillez m'en excuser, mais je ne sais pas tronquer l'expression de "ce que je crois", surtout quand je le crois aussi fort...

Posté par renefoulon, lundi 14 avril 2008 à 10:34

Convictions

Ce n'est pas moi qui vais vous reprocher d'avoir des convictions.
Mais il faut toujours se méfier qu'elles ne conduisent à l'aveuglement.
On ne va pas se jeter les "bonnnes/mauvaises" mesures à la figure, il nous faudrait mille pages...
Un seul exemple sur lequel j'aimerais votre sentiment: les franchises médicales ?

Bonne journée.

jf.

Ps: si vous avez bien "fouillé" mon Bloc-Notes vous aurez peut-être remarqué que j'ai toujours souteneu Mme Kociusko-Morizet, dès sa nomination, que j'ai approuvé la mesure visant à régulariser les sans papiers qui ont un travail déclaré; juste deux exemples qui me repassent par la tête en tapant sur mon clavier.

Posté par Jacques, lundi 14 avril 2008 à 10:53

Franchises médicales

Je n'ai pas souvenir (mais peut-être me trompé-je ?) que les franchises médicales aient fait partie du programme électoral de NS. En tout état de cause, et si elles ont le mérite de "moraliser le risque", comme disent les assureurs, c'est à dire de freiner la consommation, je suis bien d'accord pour reconnaître qu'elles pénalisent les malades, et je pense de plus qu'elles n'alimenteront pas le budget de la Sécu de manière conséquente.

Ma position concernant le financement de la Sécurité Sociale (toutes branches confondues) est clair : il faut à la fois diminuer les dépenses (et pas seulement les remboursements !) et augmenter les recettes. Sur ce dernier point, je suis clairement partisan de faire peser les cotisations sur TOUS les revenus et PAS DU TOUT sur le coût du travail. Certains appellent ça la TVA sociale : c'est un ABUS DE LANGAGE. Il s'agit d'asseoir les cotisations sur la valeur ajoutée (d'où la confusion des mots) au lieu des salaires. Cette base de calcul est beaucoup plus large, beaucoup moins pénalisante pour les salariés, beaucoup plus juste puisqu'elle "taxe" autant les importations que l'activité nationale, beaucoup moins productrice de chômage, et beaucoup plus lucrative. Elle a cependant un inconvénient majeur : elle "fait sauter" l'argument qui justifie de confier la gestion aux "partenaires sociaux", puisqu'il ne s'agit plus alors de l'"argent des salariés" mais de l'argent de tous les citoyens producteurs de richesses. A votre avis, qui va crier le plus fort ?...

Concernant Mme Nathalie Kociusko-Morizet, j'avais bien noté en effet que vous aviez pris sa défense. Quant à moi, si j'approuve son analyse (Borloo et consort semblent bien reculer par rapport au Grenelle de l'envisonnement. Mais fallait-il en faire tant lors de ce Grenelle, si on n'en a pas les moyens ?), je désapprouve totalement son comportement et son manque de retenue. Voilà typiquement le genre de conflit qui doit se régler bien à l'abri des médias, et en tout cas sans insulte publique ! Si c'est ça, la "rupture", ou si ça en fait partie, alors il ne faut pas rompre (avec le devoir de réserve, notamment)...

Posté par renefoulon, lundi 14 avril 2008 à 11:35

Sans papiers

J'ai oublié de répondre concernant les sans papiers.

Je trouve ABSOLUMENT ANORMAL qu'un étranger en situation irrégulière puisse obtenir légalement un travail en France !

Ca répond, je pense à votre question...

Cordialement.

Posté par renefoulon, lundi 14 avril 2008 à 11:38

Anormal ou pas....

Anormal ou pas, ils sont dans la rue aujourd'hui.
Aurais-je eu une nouvelle prémonition ?
Toujours est-il que ce n'est pas anormal que des sans papiers trouvent du travail !
Ce qui est ANORMAL c'est que des patrons les embauchent en connaissance de cause pour les exploiter un max.
J'ose espérer que c'est ce que vous vouliez dire ....

jf.

Posté par Jacques, mardi 15 avril 2008 à 23:52

Tort et raison...

Vous avez à la fois tort et raison !

Je trouve en effet absolument anormal, et je dirais même condamnable, que certains employeurs embauchent des sans-papier dans le but de les sous-payer et de les exploiter. C'est un comportement proche de l'esclavagisme, et je le réprouve absolument ! Je vais aller encore plus loin, au risque de vous étonner : je comprends parfaitement que ceux-là soient dans la rue pour manifester leur colère... En cela vous avez raison.

Mais, au risque de vous décevoir, ce n'est pas seulement ce que j'ai voulu dire. Ce que j'ai dit aussi, et que je maintiens, c'est qu'il est tout à fait anormal que le fonctionnement du système administratif laisse ouverte la possibilité matérielle pour une entreprise d'embaucher un étranger en situation illégale sur notre territoire.
De deux choses l'une :
- Ou bien on accepte l'immigration sauvage, avec toutes ses conséquences négatives sur le fonctionnement de la société, et dans ce cas il faut régulariser tout le monde. On sait ce qu'en sont les conséquences en particulier sur le marché du travail. Car ce ne sont évidemment pas "les meileurs" qui viennent clandestinement chez nous ! En agissant ainsi, on importe des chômeurs (à indemniser) par wagons et bataux entiers...
- Ou bien on considère les immigrés clandestins comme ce qu'ils sont : des hors la loi, puisque contrevenant à la loi sur l'immigration.
Et dans ce cas, leur vocation est d'être reconduits à la frontière. Et est également hors la loi toute personne qui favorise leur maintien clandestin sur le territoire, y compris évidemment un éventuel employeur, qui donc devrait lui-meme être sanctionné pour ça !
Voilà ce que j'ai voulu dire. Et quand vous soutenez la régularisation "automatique" des "sans papiers qui ont un emploi déclaré", je considère, excusez m'en, que vous avez tort...

Un autre point sur lequel vous avez tort, mais j'ai déjà abordé le problème à deux reprises au moins : vous avez une certaine tendance à considérer que quand les évènements vont dans votre sens, cela vous donne raison a posteriori. Il n'en est rien ! A moi aussi, les évènement me donnent quelquefois une apparence de raison. Mais j'ai la sagesse de penser que les autres peuvent aussi avoir tort avec moi...
Ce n'est pas parce que les sans-papiers sont dans la rue que vous aviez raison de les soutenir. Et ce n'est pas obligatoirement parce que le Comité Olympique Français ne va pas boycotter les JO que j'avais raison de combattre l'idée du boycott.
Si vous avez raison, vous auriez eu raison aussi si les clandestins n'avaient pas bougé. Et si j'ai raison, j'aurais eu raison aussi si le Comité avait décidé le boycott.
Il faut humilité savoir garder. Ca n'exclue pas d'avoir des convictions : je maintiens qu'il ne faut pas de régularisation automatique et qu'il ne faut pas boyotter les JO. Restez convaincu de l'inverse, mais ne dites pas que vous avez la preuve du bienfondé de vos prises de position...

Dans le domaine des idées (philosophie ou politique par exemple), on n'a jamais de preuve de raison. Et c'est peut-être ce qui fait l'intérêt du débat...

Posté par renefoulon, mercredi 16 avril 2008 à 09:05

Et un peu d'humour alors ???

Moi çà m'amuse de faire un peu d'auto-satisfaction.
Ceux qui me connaissent personnellement savent très bien à quoi s'en tenir.
C'est vrai que c'est une habitude que j'ai et qui peu être effectivement mal interprêtée sur un Bloc-Notes.
Mais pour moi, c'est exactement comme quand je me "vante" que Untel ou tel journal "dit comme moi" et que j'ajoute: "y'a pas de doute, il lit mon Bloc-Notes"......

jf.

Posté par Jacques, mercredi 16 avril 2008 à 12:29

L'humour est la politesse du désespoir...

Alors, si c'est de l'humour, ça change tout... Et vous êtes bien volontiers pardonné !

A très bientôt, ici ou ailleurs : j'ai bien l'intention de provoquer encore chez vous de nombreux "traits d'humour"...

Posté par renefoulon, mercredi 16 avril 2008 à 16:15

Eh bien merci de me pardonner.

jf.

Posté par Jacques, mercredi 16 avril 2008 à 21:27

Croix de bois, croix de fer, on serait le président du pouvoir d'achat, on distribuerait des milliards d'heures supplémentaires, on irait chercher la croisance avec les dents, le bouquet fiscal de 15 milliards doperait la vie des affaires grâce à quoi le déficit public serait terrassé et le gouffre de la dette peu à peu comblé, on sauverait tous les emplois de Gandrange, on obtiendrait la réduction des quotas de pêche, on refoulerait les flux migratoires, on réhabiliterait le commerce de proximité, on mettrait les droits de l'homme au coeur de notre diplomatie, on ne serrerait pas la main à Poutine, on retirerait nos troupes d'Afghanistan et on mettrait fin à la perversité de la Françafrique. A l'arrivée ?? Une réduction du pouvoir d'achat, la plus forte sans doute qu'on ait connue depuis 40 ans, par suite d'une flambée, également record depuis 20 ans de la hausse des prix, une aggravation de la précarisation du travail accompagnant une heureuse remontée de l'emploi amorcée sous Villepin, une prévision de croissance passée de 2,7 % à 1,4 %, des déficits publics empirant et une dette qui se creuse jusqu'à froler 65 % du PIB, les 400 emplois de Gandrange sacrifiés, un renforcement des quotas de pêche, une forte relance de l'immigration dite de travail, - quand on connaîtra les chiffres, ils feront mal - qui annonce l'accélération des regroupements familiaux de demain, le sacrifice du commerce aux exigences des grandes surfaces, un retour à la realpolitik au détriment de la défense des droits de l'homme, des tapis rouges déroulés sous les pieds de Kadhafi et si nécessaire de Vladimir Poutine, des renforts envoyés en Afghanistan, la grande réconciliation avec le dictateur Bongo et ses pairs africains et une succession de fiascos diplomatiques.

Posté par mauvais_bilan, samedi 19 avril 2008 à 18:00

Bel inventaire...

Un bel inventaire à la Prévert ! En forme de réquisitoire.

Je ne suis pas un défenseur acharné de Nicolas Sarkozy. Je suis juste un fervent défenseur et militant du libéralisme humaniste dont notre pays a besoin, et j'ai juste en un temps constaté que le programme du candidat Sarkozy allait dans le bon sens de ce point de vue.

Je ne suis pas en train, non plus, de m'excuser de mes prises de position. Je les maintiens à 100 %. Comme je maintiens que l'action du gouvernement depuis un an va dans le sens des engagements pris, même si je considère qu'il ne va pas assez vite ni assez loin. D'où mon article en forme de "coup de gueule" contre ses reculades.

Cependant, ni en tant que candidat ni en tant que Président élu, Sarkozy n'a jamais promis que les buts qu'il s'était fixés seraient atteints comme par magie en quelques mois. Il a toujours dit que son objectif était d'y parvenir sur la durée de son mandat, c'est à dire jusqu'en 2012. Je trouve donc parfaitement injuste la mauvaise foi qui consiste à faire semblant de l'oublier, et à lui reprocher de ne pas avoir atteint ses objectifs aujourd'hui.

Je ne fais pas de pronostic, et je ne dis pas qu'il y parviendra. Je dis simplement que je le souhaite, et qu'on n'a pas le droit de le vilipender parce que tout n'est pas déjà fait. Force est de reconnaître que malgré une opposition systématique, virulante et pas toujours très digne ni loyale, il y a des choses qui sont faites, et n'en déplaise aux détracteurs systématiques, des résultats ont déjà été obtenus. Sachant que les réformes de fond, celles qui porteront le plus de fruits, celles-là sont tout juste en cours de discussion et n'entreront en application, au mieux, que dans le milieu du second semestre 2008, voire en 2009. Patience donc. On jugera sur pièces à l'arrivée...

Posté par renefoulon, lundi 21 avril 2008 à 13:16

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